La cour administrative d'appel de Nantes a confirmé ce lundi 8 juin 2026 le rejet du projet de construction de deux éoliennes sur la commune de Saint-Sauveur-le-Vicomte. Cette décision fait suite à l'avis défavorable émis par la préfecture de la Manche, en raison de la proximité avec le radar militaire de Cherbourg.
Le projet porté par la société Eoliennes des Moulinaux était pourtant porteur d'espoirs pour la transition énergétique de la région. Cependant, la cour a statué que la longueur des éoliennes, mesurant respectivement 173 et 177 mètres, menaçait l'intégrité des installations militaires à seulement 31 kilomètres. Selon les autorités, la présence d'éoliennes dans le champ de détection d'un radar peut provoquer des interférences nuisibles.
Des études citées lors des procédures judiciaires montrent que ces turbines peuvent être responsables de phénomènes perturbants comme les faux plots primaires et la désensibilisation radar. Un expert consulté sur le sujet, le rapporteur public, a souligné que les conséquences pourraient compromettre la capacité des radars militaires à garantir la sécurité nationale. Il a déclaré : "Une éolienne dans le champ de visibilité d’un radar entraîne des interférences jusqu’à 70 km, affectant sérieusement les opérations militaires."
La situation est d'autant plus délicate compte tenu de la proximité de zones sensibles telles que la centrale nucléaire de Flamanville, l'usine Orano-La Hague et la base militaire de Cherbourg. Dans ce contexte, la cour a affirmé que le projet aurait pu altérer les capacités nécessaires à la défense sur un territoire jugé stratégiquement crucial.
Les réactions des habitants et des acteurs de l'énergie renouvelable sont mitigées. Certains souhaitent voir un équilibre entre les enjeux environnementaux et la sécurité, tandis que d'autres se sentent trahis par des décisions jugées trop précoces. Les débats autour de cette thématique ne sont pas près de s'éteindre. La question de l'acceptabilité des projets éoliens face aux impératifs de défense restera au cœur des discussions, alors que la France s'engage vers une transition énergétique plus verte.







