Porter plainte, se « blinder », démissionner... Les élus du Lot-et-Garonne confrontés à des agressions physiques ou verbales doivent composer avec des situations éprouvantes. Si certains ont choisi de quitter leur poste, d'autres persistent dans leur engagement politique, hantés par l'ombre de ces violences.
Tout a commencé avec une lettre de menaces, contenant des balles de gros calibre, dirigée contre le maire d’Agen, Laurent Bruneau. Ce geste a provoqué une onde de choc au sein de la classe politique locale. Un dîner entre élus, selon le quotidien Sud Ouest, a montré une solidarité sans faille face à cette intimidation. « Je ne céderai pas aux menaces », a affirmé Bruneau, veillant à ne pas laisser ces incidents ternir son engagement. Mais comment les autres élus vivent-ils leur propre "jour d'après" après de telles expériences traumatisantes ?
Marie-Laure Grenier, maire de Casseneuil de 2020 à 2026, évoque un mandat marqué par l'agressivité. Suite à des insultes répétées, elle a dû faire face à un flou de sécurité tout en continuant à servir sa communauté. « C’est regrettable, surtout en travaillant pour le bien des autres. J'étais sidérée », partage-t-elle. Cette vigilance constante lui a permis de mobiliser un soutien indéfectible des élus qui l'entouraient.
Traumatisme psychologique et résilience
Françoise Laborde, doyenne des maires, a connu un épisode similaire. Une gifle violente reçue en 2014 a été un choc durable. Bien qu'elle ait pris des mesures de précaution, comme être toujours accompagnée lors de démarches officielles, cette expérience a laissé des cicatrices. La résilience semble être la clé pour des élus comme Laborde, qui ont finalement été réélus malgré les traumatismes. « Il faut se concentrer sur les choses positives », conclut-elle.
D'autres, comme Muriel Murat, première adjointe de Sainte-Colombe-de-Villeneuve, ont fait le choix de quitter la scène politique après des menaces de mort incessantes, incluant des projets de jets de tomates sur son domicile. Cette décision, désormais actée, lui a permis de retrouver une certaine normalité. « Je me sens prête à revenir, mais cela reste psychologiquement compliqué », exprime-t-elle avec une nuance de nostalgie.
Une réponse à la hauteur
La question de l'impunité dans ces situations reste préoccupante. Gilles Charolais, maire de La Croix-Blanche, a également été affecté par des agressions verbales. « La réponse doit être juridique », a-t-il affirmé, mettant en lumière la difficulté pour ceux qui comptent sur la justice. Des plaintes s'étirent souvent sur des années sans résolution, alors que d'autres cas, comme celui d'un corbeau, ont connu des sanctions.
Avec cette ambiance tendue et les réseaux sociaux exacerbant les discours haineux, cette réalité soulève des interrogations sur la sécurité des élus. Comme le souligne Jean-Louis Costes, maire de Fumel, il faut « se blinder » face à cette vague d'agressivité. L'humour devient alors un rempart, un moyen de désamorcer les tensions et de préserver son intégrité morale.







