Le tribunal de Paris s'apprête à rendre son verdict ce mardi 9 juin dans l'affaire qui oppose Sophie Djigo, enseignante et chercheuse, à neuf prévenus, parmi lesquels Éric Zemmour et deux membres du Rassemblement National. Sophie Djigo accuse ces figures politiques d'avoir allumé une flamme de haine en ligne après une sortie scolaire organisée à Calais.
Cette affaire trouve son origine dans un projet pédagogique sur l’exil et les frontières, déployé en novembre 2022 par Sophie Djigo, professeure de philosophie au lycée Watteau à Valenciennes. Cette initiative, bien que soutenue par l’établissement, a été critiquée sur les réseaux sociaux. Le collectif « Parents Vigilants », proche de Reconquête, a accusé l'enseignante d'« imposer son idéologie ».
Dans la foulée, Éric Zemmour a qualifié cette activité de « propagande » sur son compte X, suscitant une vague de messages de haine à l'encontre de l'enseignante. Des centaines de messages, souvent violents, y compris des menaces de mort, ont inondé les réseaux sociaux. Sophie Djigo déclare : « J’ai été attaquée de manière très violente parce que j’ai fait mon métier. » Elle exige 10 000 euros en dommages-intérêts et la suppression des publications jugées diffamatoires.
Lors d'une précédente audience, en mars, cinq internautes ont été condamnés pour leur implication dans cette campagne de cyberharcèlement. Le tribunal se penche désormais sur le rôle des prévenus qui, selon la plaignante, ont amplifié cette vague de violences. Plusieurs experts en droit et en communication médiatique insistent sur la responsabilité des figures politiques face à la propagation des discours de haine, renforçant ainsi l'impact que des déclarations officielles peuvent avoir sur l'opinion publique et le comportement des individus en ligne.
Au-delà de cette affaire, le phénomène de cyberharcèlement suscite une prise de conscience croissante en France, alors que de nombreux enseignants continuent de subir des attaques similaires, souvent sans soutien institutionnel. Les autorités sont appelées à renforcer les lois concernant la diffamation et à protéger ceux qui oeuvrent dans le secteur éducatif.







