La flotte de pêche normande, vieillissante, se doit d'évoluer. À la demande de la Région Normandie, les Chantiers Mécaniques de Normandie (CMN) se penchent, depuis 2024, sur un projet novateur : le navire de pêche du futur. Cette initiative, visant à concevoir un bateau éco-responsable, a été présentée ce 9 juin à la Ministre déléguée à la Mer et à la Pêche, Catherine Chabaud.
Ce navire est attendu avec impatience par les acteurs de la filière. Comme le souligne Dimitri Rogoff, président du Comité régional des pêches de Normandie : "Nous devons renouveler notre flotte, la moyenne d'âge de nos bateaux dépasse 30 ans, certains ont même plus de 60 ans. Il faut un navire sobre, tant sur le plan financier qu'écologique."
Le défi principal pour les CMN est de concevoir un bateau qui allie performance et économies. Erik Fougerais, responsable du projet, explique : "Nous envisageons des solutions innovantes, incluant une propulsion combinée diesel, électrique et biocarburant, ainsi que l'utilisation de matériaux durables et d'énergies renouvelables comme le solaire."
Deux navires à l'étude
Serge Quanranta, PDG des CMN, partage sa vision : "Pour maîtriser les coûts, il faudra envisager la construction en série. Nous devons adapter notre modèle économique. Cela signifie abandonner l'idée de bateaux uniques et opter pour une standardisation afin de réduire les coûts d'ingénierie. Nous travaillons actuellement sur deux modèles : l'un de 12 mètres et l'autre de 15 mètres." Le prix d'un navire de 15 mètres est estimé entre 3,5 et 4 millions d'euros, bien au-delà du budget d'un pêcheur individuel.
Cette initiative reçoit également le soutien de la Ministre Catherine Chabaud, qui encourage les pêcheurs à mutualiser leurs ressources. Elle envisage même de débloquer certaines aides publiques ou de fonds européens pour faciliter cette transition.
La Normandie, avec ses 585 navires et plus de 1500 marins-pêcheurs, joue un rôle clé dans l'économie de la pêche en France, débarquant chaque année plus de 60 000 tonnes de captures, ce qui en fait la deuxième région maritime de pêche.







