Ce mardi, les principaux responsables des secteurs du BTP, de l'industrie, du transport et de l'énergie se sont réunis à l'Élysée pour discuter du plan ambitieux d'électrification de la France. Cet événement intervient un mois après la publication d'une série de mesures gouvernementales destinées à dynamiser la consommation d'électricité dans l'Hexagone.
Les enjeux sont clairs : il s'agit non seulement de lutter contre le changement climatique, mais aussi de réduire la dépendance du pays aux énergies fossiles, qui représentent actuellement 60 % de sa consommation énergétique. Avec la crise géopolitique au Moyen-Orient qui exacerbe les coûts du pétrole, l'État souhaite voir cette part tomber sous les 50 % d'ici 2050, en misant sur les énergies renouvelables et le nucléaire.
Michel Gioria, directeur général du Serce, a précisé à l'AFP que l'objectif est de porter la part de l'électricité à 34 % de la consommation finale d'énergie d'ici 2030, et 38 % en 2035, comparé aux 27 % attendus pour 2024. Diverses mesures, qui incluent des engagements financiers de la part d'EDF, seront mises en œuvre pour atteindre ces cibles.
EDF, qui célèbre cette année ses 80 ans, prévoit d'investir 240 millions d'euros pour soutenir l'électrification. Ceci inclut 80 millions pour l'acquisition de pompes à chaleur en remplacement des chaudières à gaz ou fioul, et 80 millions pour les infrastructures de recharge pour poids lourds électriques. L'entreprise entend également contribuer à l'électrification des logements sociaux et des EHPAD, dont une proportion encore significative utilise du fioul.
Parallèlement, un programme de « coup de pouce chaudière électrique » à hauteur de 30 millions d'euros est prévu pour aider les industries dans cette transition. Les entreprises du Serce, qui participent activement à l’électrification, s'engagent à recruter 12 000 personnes et 3 000 apprentis chaque année pour soutenir cette initiative.
Michel Gioria a affirmé que l'électrification est un projet à long terme, évalué sur trois décennies. Les efforts porteront sur l'installation de bornes de recharge dans des lieux stratégiques comme les ports, ainsi que sur le raccordement de zones agricoles et de centres de données au réseau électrique. En équipant 150 lycées techniques à travers le pays, le secteur vise également à renforcer le talent et les compétences disponibles pour le futur.
« Ce parcours de transformation est essentiel pour aménager l'avenir énergétique de la France », a déclaré M. Gioria, qui souligne l'importance de ces initiatives pour attirer de jeunes talents vers les métiers de l'électricité.







