Ce sont principalement certains quartiers de Belfast qui sont touchés, tandis que d'autres parties de la ville restent calmes. Pendant plus de 35 ans, l'Irlande du Nord a été marquée par un conflit entre les communautés catholiques et les loyalistes protestants. Malgré la paix instaurée par les accords du Vendredi saint en 1998, les tensions persistent, et un nouveau groupe émerge : les migrants. Ils deviennent des boucs émissaires dans un climat de crise économique et d'instabilité politique après le Brexit, l'Irlande du Nord demeurant l'une des régions les plus démunies du Royaume-Uni.
Ce sont principalement certains quartiers de Belfast qui sont touchés, tandis que d'autres parties de la ville restent calmes. Au cours des trois dernières décennies, l'Irlande du Nord a été plongée dans un conflit entre deux communautés – les catholiques et les loyalistes protestants – à propos de l'affiliation avec l'Irlande ou la couronne britannique. Malgré la paix obtenue en 1998, la situation a évolué vers un conflit de moindre intensité, rendant les migrants victimes de tensions sociales. La crise économique exacerbée par le Brexit et les blocages politiques permanents aggravent encore le contexte. Fabrice Mourlon souligne que les émeutes ne reflètent pas seulement des problèmes internes, mais s'insèrent aussi dans un contexte européen plus vaste.
Qui sont les émeutiers ?
Ils sont souvent jeunes et désenchantés, manipulés par l'extrême droite. Au fil des années, des liens se sont tissés entre l'extrême droite britannique et certains paramilitaires loyalistes. Bien que ces derniers ne soutiennent pas explicitement les émeutiers, leur influence demeure forte dans certains quartiers. Les partis anti-immigration profitent de la situation pour se renforcer alors que la commémoration du 12 juillet approche, période traditionnellement marquée par des tensions. Des événements récents, comme les émeutes racistes à Ballymena en juin dernier, en témoignent, où les résidents d'origine étrangère ont été visés après l'inculpation de jeunes Roumains pour des actes criminels.
Quel rôle jouent les réseaux sociaux dans ces émeutes ?
Les réseaux sociaux amplifient souvent des faits divers, qui sont rapidement exploités par des politiques et des militants de l'extrême droite. Fabrice Mourlon indique que même au-delà des frontières nord-irlandaises, des schémas similaires se manifestent en Écosse et en Angleterre. Des figures comme le militant anti-islam Tommy Robinson encouragent les manifestations en profitant de la colère populaire, souvent sans lien direct avec les enjeux locaux.
Comment expliquer l'émergence de la xénophobie en Irlande du Nord, malgré une population étrangère relativement faible ?
Historiquement, l'Irlande du Nord a été un pays d'émigration plutôt que d'immigration. Ce phénomène est recent. Dans les années 2000, la situation s'est améliorée grâce aux aides de l'UE, mais le Brexit a ravivé d'anciennes blessures, plongeant à nouveau la région dans la crise économique. Les questions frontalières entre l'Irlande et le Royaume-Uni refont surface, créant un cocktail explosif, rejoint par des mouvements xénophobes qui surfent sur cette instabilité.
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