Une nouvelle série de manifestations a éclaté samedi soir à Téhéran, marquée par une atmosphère de défi face aux autorités iraniennes. La capitale, désormais coupée du monde numérique par un blocage d'internet, retentit des slogans de la population, un écho à un mouvement qui prend de l'ampleur depuis fin décembre. Selon des ONG, plus de 51 manifestants ont été tués, dont plusieurs enfants, renforçant un climat de peur au sein de la population.
Des vidéos authentifiées montrent des manifestants dans le nord de Téhéran, où des feux d'artifice illuminent la nuit tandis que la foule exprime son soutien à la dynastie Pahlavi, évincée lors de la Révolution islamique de 1979. Des appels à la liberté se mélangent aux slogans hostiles au gouvernement, mais les canaux d'information sont limités, faute d'accès à internet, d'après l'ONG de cybersécurité Netblocks.
Les experts s'inquiètent des conséquences de cette situation, et certains, comme la lauréate du prix Nobel de la Paix Shirin Ebadi, craignent un « massacre » sous le couvert de ce black-out numérique. Elle met en avant le besoin urgent d'une réaction internationale face à la répression. Les manifestations, initialement motivées par la hausse du coût de la vie, se transforment en un cri de désespoir contre la répression violente du régime. La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a exprimé son soutien aux manifestants, dénonçant une répression qui ne peut être tolérée.
Au sein du gouvernement, la rhétorique s'intensifie. Le guide suprême Ali Khamenei a qualifié les manifestants de « vandales » et leur opposition d’« incidents orchestrés de l’extérieur », insinuant une ingérence américaine et israélienne dans les affaires internes du pays. L’armée, quant à elle, a promis de défendre les intérêts de la nation contre ces menaces supposées.
Des images du côté des manifestations montrent des vitrines brisées et un climat de peur palpable. L'ancien prince héritier Reza Pahlavi a appelé à la mobilisation pour prendre les centres-villes, signalant que l'opposition est plus unie que jamais. En dépit des restrictions ayant rendu la communication difficile, les soutiens à la révolution iranienne se manifestent jusque dans des capitales comme Londres, où le drapeau de l’ancien régime a été brièvement affiché à l’ambassade d’Iran, soulignant un émoi international croissant.
Face à cette situation volatile, la communauté internationale est désormais confrontée à un dilemme difficile. La nécessité d'un soutien aux droits humains en Iran pèse lourdement sur les décisions politiques, alors que le pays fait face à une crise interne sans précédent depuis des décennies. Les manifestations de Téhéran représentent le cri d'un peuple fatigué, aspirant à un changement significatif.







