La députée Sophia Chikirou, candidate La France Insoumise à la mairie de Paris, s'apprête à comparaître devant la justice en mai prochain pour des faits d'escroquerie liés au site d'actualité Le Média. Ces accusations remontent à juillet 2018 et sont présentées par le parquet dans un contexte jugé délicat par Chikirou, qui a dénoncé une manœuvre politique visant à ternir son image avant les élections municipales de mars 2026.
Lors d'un entretien avec l’AFP, l'avocat de Chikirou, Dominique Tricaud, a exprimé ses préoccupations quant à la temporalité de cette procédure : « C’est une affaire qui traîne depuis près de dix ans. La sortir maintenant est une décision purement politique de la part du parquet ».
Les accusations portent sur des tentatives, selon les enquêteurs, d'intenter des manœuvres frauduleuses à la banque Crédit du Nord en se présentant comme présidente de la société Le Média, alors qu'elle avait perdu ce titre. D'après le rapport, Chikirou aurait sollicité des virements s'élevant à plus de 67 000 euros, qui n'ont jamais abouti en raison d'un manque de fonds sur le compte de la société concernée.
Ce contexte judiciaire, qui semblerait peu commun dans le cadre d'un processus électoral, a suscité de vifs échanges de la part de Chikirou. Elle a déclaré : « Le parquet de Paris décide de me faire un procès en pleine campagne municipale au sujet d’une histoire datant de 2018, qui relève d’un différend commercial entre deux sociétés ». Pour elle, l'affaire ne comporte aucun plaignant et ne traduit aucune intention malveillante.
Cette affaire pourrait également avoir des répercussions sur sa carrière politique, d'autant plus qu'elle est également sous le coup d'un autre dossier judiciaire. En effet, en septembre 2024, Chikirou a été mise en examen pour « escroquerie aggravée » concernant les comptes de campagne de Jean-Luc Mélenchon durant la présidentielle de 2017.
Ce procès est prévu devant la 13ᵉ chambre correctionnelle du tribunal judiciaire de Paris, à un moment où Sophia Chikirou tente de se stabiliser sur le plan politique, après avoir orchestré la communication des campagnes de Jean-Luc Mélenchon en 2012 et 2017, n'ayant pas manqué d'inspirer de nombreux commentateurs politiques en France.
Les opinions sur ce dossier sont divisées au sein de la classe politique et des analystes. Certains soutiennent que les accusations pourraient avoir un impact significatif sur ses chances aux élections à venir, tandis que d'autres voient cette affaire comme un simple épisode de la lutte des pouvoirs au sein des partis politiques.







