Le président Emmanuel Macron a relancé un sujet sensible : la possibilité pour les commerçants de faire travailler leurs salariés le 1er mai. Cette proposition a trouvé un écho favorable au sein de la fédération des boulangers, inquiets des incertitudes juridiques entourant ce jour férié.
Le 5 janvier, Macron a plaidé pour que les boulangeries et d'autres commerces alimentaires puissent ouvrir leurs portes le 1er mai, à condition que leurs employés soient d'accord et que leur travail soit mieux rémunéré. Il a souligné que beaucoup de citoyens, même ceux qui défendent ce jour de repos, apprécient d'avoir accès à des produits tels que le muguet ou les baguettes dans des établissements ouverts. Selon lui, il est essentiel de mettre fin à la confusion actuelle entourant la législation, permettant ainsi de sécuriser la situation des employeurs et des employés.
Pour illustrer son propos, il a ajouté : "Il faut donner de la sécurité juridique. (...) Je ne veux pas qu'on reste dans une situation avec des contrôles, des redressements." Cette déclaration fait écho à un débat intense qui a eu lieu fin avril 2025, lorsque des boulangers ont dénoncé les inspections du travail qui avaient sanctionné des artisans ayant fait travailler leurs employés ce jour-là.
Dominique Anract, président de la confédération nationale de la boulangerie-pâtisserie, a exprimé son accord avec cette initiative, précisant : "On a toujours travaillé le 1er mai", avant d’ajouter qu’il est crucial d’élucider les zones d’ombre juridique : "Il y a des boulangeries qui livrent des hôpitaux, des hôtels, des Ehpad." De plus, dans les zones touristiques, l'absence de boulangeries le 1er mai pourrait sembler inacceptable pour certains.
"Il y a les prud'hommes pour ça, les patrons sont conscients qu'ils s'exposent à des risques s'ils forcent la main à leurs salariés."
Cependant, la réaction des syndicats et des travailleurs reste critique. La CGT, par exemple, poursuit son alerte sur le risque d’abus, affirmant que le travail le 1er mai ne devrait pas être imposé. Les craintes se concentrent sur la possibilité que le "volontariat" devienne en réalité un non-choix pour de nombreux employés.
Cette proposition de Macron pourrait bien passer à l'Assemblée nationale d'ici le 1er mai prochain, cherchant une solution équilibrée entre la législation actuelle et les besoins du monde du travail. Reste à voir si cette initiative saura rassembler l’opinion publique autour d’un sujet aussi délicat.







