Avec un calendrier commercial encombré de promotions, les soldes d'hiver ont démarré mercredi dernier en France, tandis que la météo neigeuse et glaciale pourrait compromettre la fréquentation des magasins, déjà à la peine.
Après un début de saison très doux et un mois de décembre décevant, les détaillants misent sur cette période de soldes, qui court jusqu'au 3 février, pour améliorer leur bilan. "Il est crucial que la première semaine ne soit pas trop perturbée. Lorsqu'il neige un peu, les clients hésitent à sortir faire du shopping," indique Yohann Petiot, directeur général de l'Alliance du commerce, représentant des grandes marques.
Vingt-et-un départements ont été placés sous vigilance orange pour neige et verglas par Météo-France, et cette situation perturbe de manière significative les transports. À Paris, l'observatoire de la CCI d'Île-de-France a constaté une affluence réduite dans les rues commerçantes du 15e et du 6e arrondissement, où des détaillants ont exprimé leur inquiétude face à une météo qui pourrait inciter les consommateurs à privilégier les achats en ligne.
Les commerces d'habillement, sortant d'un décembre morose causé par des températures clémentes et un Black Friday intense, redoutent l'impact d'une fréquentation faible durant cette période traditionnelle de soldes.
- Consommateurs déjà "saturés" -
Yohann Petiot souligne que les attentes restent élevées pour janvier, avec un stock conséquent à écouler, espérant ainsi rattraper un début d’année difficile. Les soldes, bien que moins populaires qu'il y a dix ou vingt ans, demeurent un événement important dans le calendrier des Français. Cependant, un sondage mené par l'application de shopping Joko révèle que 67% des Français n'attendent pas les soldes mais profitent plutôt des bonnes affaires.
À Strasbourg, sous un ciel dégagé, un étudiant de 22 ans, Frédéric Marchand, témoigne : "Je fais rarement les soldes, préférant acheter en ligne, mais avec le temps clément, je me suis décidé à faire une exception." De même, un sondage indique que 64% des consommateurs comptent profiter des soldes, tant en ligne qu’en boutique.
Malgré la présence de fidèles, pour de nombreux commerçants indépendants, "les soldes ont perdu de leur force et de leur signification" au fil des années, selon Pierre Talamon, président de la Fédération nationale de l'habillement. Les consommateurs, déjà "saturés" par le Black Friday et les ventes privées, se tournent de plus en plus vers les petits prix en ligne, laissant de nombreux commerçants dans une situation précaire.
Les chiffres parlent d'eux-mêmes : en janvier 2025, les commerçants indépendants ont subi une chute de 5,5% de leur chiffre d'affaires par rapport à l'année précédente, tandis que les grandes enseignes ont stagné avec une baisse marginale de 0,2%. Alors que la tendance semble se maintenir pour 2026, la FNH préconise un report des soldes de trois semaines afin de mieux aligner ces événements avec les réalités de la saisonnalité.
Selon Pierre Bosche, président de la Confédération des commerçants de France, un ajustement du calendrier est impératif : "Les soldes doivent refléter le rythme réel de consommation et les contraintes économiques des indépendants". Ainsi, une proposition émerge pour repositionner les soldes à la fin de la saison pour leur redonner du sens.







