Dans le Loiret, une centaine d'agriculteurs, membres de la FNSEA et des jeunes agriculteurs, se sont mobilisés en collant des rubans noirs sur les panneaux d'entrée de près de 200 communes. Cette action symbolique vise à dénoncer non seulement les conséquences de l'accord Mercosur, mais également la gestion de l'épidémie de dermatose nodulaire bovine qui touche les élevages français, ainsi que les enjeux de la politique agricole commune.
Éric Delorme, vice-président de la FNSEA 45, a déclaré : « Chaque jour, des agriculteurs nous expriment leur désespoir. Beaucoup envisagent d'abandonner leur métier. Nous sommes dans une situation critique où toutes les productions du département, comptant 2 700 agriculteurs, sont affectées. » Outre les difficultés économiques, il insista sur l'importance de répondre à une question cruciale : « Quelle vision avons-nous pour l'agriculture française ? »
Les dangers d'une crise profonde
Delorme prévient que la situation est alarmante : « Si aucune action concrète n'est entreprise, entre 40 et 70 % des agriculteurs du Loiret risquent de disparaître, ce qui engendrerait une catastrophe pour l'emploi dans nos petites communes rurales, où l'agriculture représente deux emplois sur cinq. »
Après cette première mobilisation, les agriculteurs envisagent de renforcer leurs actions. Cependant, ils se heurtent à la vigilance des forces de l'ordre qui surveillent les ponts sur la Loire pour empêcher les manifestations à Paris, comme l'a relaté Le Monde. Des gendarmes sont présents autour de plusieurs ponts stratégiques du Loiret. Malgré cela, des agriculteurs d'autres régions, comme un convoi en provenance de l'Aveyron, ont pu rejoindre Paris par des itinéraires alternatifs.
De plus, la Coordination rurale a annoncé qu'en cas de blocage, des barrages filtrants seraient mis en place sur les routes de la région Centre-Val de Loire pour rappeler l’urgence de leurs revendications. Ces événements s'inscrivent dans un contexte où les experts soulignent l'importance d'un soutien gouvernemental pour éviter un effondrement du secteur agricole français, essentiel à la souveraineté alimentaire et à la préservation de l'emploi en zone rurale.
Les agriculteurs du Loiret continuent donc de se battre pour leur avenir, mais ils appellent à une prise de conscience collective face à une crise qui menace de plus en plus leur existence.







