Les établissements pénitentiaires de l'Eure et de la Seine-Maritime vivent une journée de blocage ce lundi 27 avril 2026. Les agents font entendre leur voix face à une situation jugée critique, notamment en raison de la surpopulation carcérale, un problème récurrent, comme l'ont rapporté plusieurs médias dont Le Monde.
Les maisons d'arrêt de Rouen, Saint-Aubin-Routot près du Havre, et Évreux sont au cœur de cette mobilisation nationale orchestrée par le syndicat Ufap-Unsa Justice. À Rouen, l'accès à l'établissement pénitentiaire de Bonne-Nouvelle est totalement bloqué. Les seules activités autorisées se limitent aux promenades et aux douches des détenus. Des pneus et des matériaux de construction enflammés témoignent de la colère des agents, qui réclament des mesures d'urgence pour faire face à une surpopulation alarmante. Selon les chiffres récents, le taux d'occupation des prisons frôle les 138%, avec 87 126 détenus pour à peine 63 500 places disponibles.
"On entasse, on entasse", affirme Edriss Chetbou, secrétaire adjoint de Ufap-Unsa Justice à Rouen. "La semaine dernière, un afflux de 50 arrivants a été enregistré. On frôle les matelas à terre ! Nous avons du mal à gérer une telle situation. Actuellement, dans certaines cellules, trois personnes cohabitent, et le risque d'atteindre une quadruple occupation n'est pas exclu. Les tensions au sein de la prison augmentent, avec des bagarres courantes, souvent liées à des problèmes de trafic de drogue ou de compatibilité entre détenus."
Les drones, "le fléau du moment"
Les méthodes de trafic de biens interdits continuent de se diversifier. "Nous n'avons même plus le droit de fouiller", déplore Edriss Chetbou. "Des objets dangereux et des substances illicites parviennent à pénétrer nos établissements, notamment à travers l'utilisation de drones. C'est un fléau dont nous avons du mal à nous débarrasser. La sécurité est constamment mise à l'épreuve, et nous manquons cruellement de ressources pour y faire face. Le ministère nous assure pourtant qu'il n'y a jamais assez de fonds pour résoudre nos problèmes".
À ce jour, moins d'un tiers des 15 000 places de prison promises dans le cadre d'un plan national de 2018 ont été construites. Des projets d'ouverture de prison modulaires, avec 3 000 nouvelles places, sont en cours, mais leur livraison semble traîner. En parallèle, un projet de loi vise à interdire l'utilisation de matelas au sol dans les cellules, une réalité choquante pour près de 7 000 détenus. Toutefois, aucun calendrier n'est encore fixé pour sa discussion.
Face à ces enjeux, la voix des agents pénitentiaires résonne plus que jamais, rappelant l'urgence d'agir pour préserver la sécurité de tous dans les établissements pénitentiaires français.







