La CFDT exprime de vives inquiétudes quant à la programmation du Zénith de Limoges, mettant en avant ses conséquences sur l'économie locale. Réunies ce jeudi devant la salle, Frédéric Niguet et plusieurs syndicalistes ont souligné que la ville accueillait de moins en moins de spectacles, laissant craindre pour l'avenir des emplois liés à ces événements. "Aujourd'hui, pourquoi n'avons-nous pas d'artistes comme Santa, Claudio Capéo ou Grand Corps Malade ?" s’interroge Niguet. Comparativement, Limoges enregistre seulement 36 événements programmés pour 2026, alors qu'Amiens, Pau ou Caen affichent respectivement 66, 80 et 86 dates.
La situation alarme les professionnels du secteur, notamment les techniciens, maquilleurs et agents de sécurité, dont l'emploi dépend de cette offre culturelle. "On s'inquiète pour l'emploi et pour tous ceux qui vivent de cette activité", a déclaré un membre de la CFDT.
"On est tributaires des producteurs"
Bien que la directrice du Zénith, Pascale Tauzin, affirme qu'elle ne contrôle pas la programmation, elle insiste sur le fait que ce sont les producteurs qui prennent ces décisions. "Nous sommes tributaires des producteurs qui organisent les tournées. La rentabilité guide leurs choix, et ils privilégient de grandes métropoles pour diminuer les coûts logistiques", explique-t-elle. Michel Goudart, ancien tourneur à Limoges, confirme cette tendance, soulignant une logique économique qui pousse les artistes à se concentrer sur des lieux à forte affluence.
Frédéric Niguet constate que certaines villes de taille similaire à Limoges, comme Amiens, obtiennent de meilleures programmations : "C'est un mystère que tant de spectacles passent à côté de notre Zénith."
Un Zénith moins attractif qu'il y a 20 ans
De nombreux facteurs sont à l'origine de cette baisse de fréquentation. Le niveau de vie, l'enclavement géographique de Limoges et la concurrence croissante des salles voisines, comme l'Arena Futuroscope à Poitiers, sont cités comme des éléments influents. Une habitante de Tulle présente lors de la manifestation a même avoué préférer aller voir des spectacles au Palio de Boulazac, illustrant la perception dégradée du Zénith depuis son lancement en 2007.
Des solutions existent, notamment des initiatives locales qui pourraient alléger les coûts de location pour attirer des producteurs et des artistes. Ces réflexions pourraient se révéler cruciales pour préserver l'avenir du Zénith, véritable levier économique pour la région.







