Une cérémonie se déroule ce mardi 17 mars 2026, à 10 heures, à la stèle commémorative de l'hôpital irlandais de Saint-Lô, initié au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. La consule honoraire de France à Galway s'intéresse de près à cette histoire en recueillant divers témoignages.
À l'occasion de la Saint-Patrick, fête nationale irlandaise, Saint-Lô honore les bienfaiteurs irlandais ce mardi matin, à 10 heures, à la stèle du collège Pasteur. C'est ici qu'en 1946, la Croix-Rouge irlandaise a établi un hôpital temporaire de cent lits à l’est de la ville. Parmi les soignants, se trouvait le futur Prix Nobel de littérature Samuel Beckett, qui a contribué au fonctionnement de cet établissement.
Après les bombardements des 6 et 7 juin 1944, Saint-Lô se transforme en un champ de ruines, décrite par Samuel Beckett comme la "capitale des ruines". Avec la destruction de l'hôpital municipal, les besoins médicaux de la population se sont accrus. Au printemps 1945, lors d'une visite à Saint-Lô, le ministre irlandais annonçait que son pays souhaitait offrir un hôpital provisoire. La Croix-Rouge irlandaise s'est mobilisée pour collecter des fonds, recruter du personnel et envoyer du matériel jusqu'à la Manche. En 1946, environ quarante soignants assurent des soins gratuits aux patients. Environ 180 naissances ont eu lieu dans la maternité durant cette année. En décembre, l'hôpital passe sous la tutelle de la Croix-Rouge française, et les Irlandais quittent Saint-Lô en janvier 1947, laissant derrière eux une empreinte forte sur la communauté.
Appel à témoignages
Lors de la crise sanitaire de 2020, la consule honoraire de France à Galway, Catherine Gagneux, a commencé un projet mémoriel pour mieux faire connaître cette histoire en Irlande. "J'ai découvert cette histoire via un podcast sur une radio irlandaise. Cela a éveillé ma curiosité, surtout après avoir rencontré la fille d'un médecin ayant œuvré là-bas. Beaucoup de Saint-Lôiens m'ont demandé si les Irlandais étaient au courant de cette histoire, et la réponse était non." C'est ainsi que naît son engagement à la faire connaître.
La consule parcourt les archives tout en publiant des appels à témoignages dans une vingtaine de journaux irlandais. Son objectif est de retrouver des descendants des soignants irlandais venus à Saint-Lô en 1946.
"Nous pensions connaître les noms des principaux acteurs, mais nous souhaitons aussi mettre des visages sur ces infirmières. Certaines n'ont pas de descendants directs, mais des neveux et nièces se manifestent." Récemment, elle a été contactée par Breege Towey, une dame du comté de Roscommon, qui lui a révélé avoir trouvé des photos de sa tante, infirmière à Saint-Lô, dans le grenier de sa maison.
Une exposition itinérante en Irlande
Cette tante a vécu à New-York avant de revenir s'établir en Irlande. "Peut-être n'a-t-elle jamais pensé à raconter son histoire, mais sa nièce, aujourd'hui passionnée, réalise que cela a des répercussions ici à Saint-Lô," ajoute Gagneux. Elle a également reçu des témoignages d'habitants d'une île du comté de Kerry. "Des personnes découvrent encore cette histoire. Deux sœurs se rendent à Saint-Lô pour s'intéresser à l'hôpital, même si elles ne sont pas descendantes directes, mais voisins. L'idée est de rassembler encore plus de récits.”
Catherine Gagneux envisage également de réaliser un livre basé sur ces témoignages. En 2026, une exposition itinérante sur l'histoire de l'hôpital de Saint-Lô fera le tour de l'Irlande. Une plaque commémorative sera révélée au centre hospitalier mémorial de Saint-Lô ce mardi 17 mars à 14 heures.
Si vous souhaitez apporter un témoignage ou avez des documents concernant l'hôpital irlandais de Saint-Lô de 1946, veuillez contacter Catherine Gagneux à l'adresse suivante : catherinegagneux@gmail.com.







