Le régime complémentaire des salariés du secteur privé, Agirc-Arrco, a révélé des résultats particulièrement encourageants le 17 mars. En parallèle, la Sécurité sociale a fait état d'un déficit moins important que prévu pour sa branche retraite de base.
Après une année 2020 difficile en raison de la pandémie, Agirc-Arrco a annoncé un excédent de 2 milliards d'euros, marquant une reprise significative après avoir subi un déficit de 5,3 milliards d'euros l'an précédent, un montant ajusté à 4,8 milliards grâce aux résultats financiers.
Une hausse de la masse salariale booste les cotisations
D'après Gaëlle Piadé, directrice financière d'Agirc-Arrco, la masse salariale a grimpé de 9,8% sur l'année, surpassant les anticipations de 5,1% formulées quelques mois plus tôt. Cette augmentation a permis aux cotisations d'enregistrer une hausse de 10,3 % en comparaison avec l'année précédente, alors que les allocations n'ont augmenté que de 1,28 %, soit 83,9 milliards d'euros.
Des réserves solides pour l'avenir
En conséquence, fin décembre, Agirc-Arrco possédait des réserves financières totalisant 68 milliards d'euros, correspondant à neuf mois de pensions, ce qui est au-dessus du seuil réglementaire de six mois. Ces réserves, en hausse de 6 milliards d'euros par rapport à l'an dernier, sont majoritairement investies dans la zone euro selon des critères de gestion éthique. Cependant, Gaëlle Piadé avertit que les incertitudes liées aux marchés, notamment à cause de la crise en Ukraine, pourraient entraîner de la volatilité dans la valeur des réserves, qui était tombée à 65 milliards d'euros début mars.
Possibilités de revalorisation des retraites
Face à cette bonne santé financière, se pose la question d'une éventuelle revalorisation des pensions, actuellement minorée à 1 % suite à des conditions d'inflation basses. Le président du régime, Didier Weckner, indique qu'une augmentation des pensions pourrait être envisageable, allant jusqu'à 0,5 point au-dessus de l'inflation, mais ne pourra être mise en œuvre avant le 1er novembre 2022.
Par ailleurs, le gouvernement a fait état d'un déficit pour la branche retraite de la Sécurité sociale, désormais réduit à 2,6 milliards d'euros contre les 6,2 milliards prévus. Ces résultats incitent à reconsidérer si le système de retraites français doit réellement être réformé, notamment concernant l'âge de départ à la retraite, actuellement fixé à 62 ans.
Brigitte Pisa, vice-présidente d'Agirc-Arrco, rappelle que la solidité d'un système de retraites ne doit pas être mesurée uniquement en fonction de préjugés politiques, mais plutôt sur sa capacité à évoluer et à faire face aux défis. Les discussions sur d'éventuels changements d’âge de départ se poursuivront, mais avec une prudence fondée sur la santé réelle du système.







