Quand on évoque le concept de bocage, les images de la Normandie ou de la Vendée ne tardent généralement pas à surgir, bien que d’autres régions présentent également ce paysage distinctif. L'importance écologique du bocage est indéniable, tout comme son parcours étroitement lié aux transformations des pratiques agricoles. L'agriculture intensive a malheureusement causé son déclin, alors que des approches respectueuses de l'environnement s'efforcent désormais de le préserver.
Qu'est-ce que le bocage ?
Selon le Dictionnaire historique de la langue française dirigé par Alain Rey, le terme bocage dérive d'une ancienne forme boscage, désignant un espace boisé. Aujourd'hui, ce mot évoque un paysage unique, typique de l'ouest de la France, avec des prairies entourées de haies d'arbres. Cette configuration remonte au Haut Moyen Âge, et a progressivement évolué au fil des siècles. Vers 1850, le bocage a atteint son extension maximale, mais des facteurs tels que les remembrements ont provoqué la disparition de vastes zones de ce paysage.
Pourquoi le bocage a-t-il reculé ?
Après la Seconde Guerre mondiale, l'agriculture a connu une mécanisation rapide. L'introduction de tracteurs a remplacé les chevaux de trait, entraînant un besoin d'agrandir les parcelles agricoles. Cette transition vers l'agriculture intensive a mené à l'arrachage des haies, désormais considérées comme des obstacles. La loi d'orientation agricole de 1960 a intensifié le remembrement, causant la destruction de nombreux paysages historiques malgré des résistances. L'épidémie de graphiose, qui a décimé les ormes dans les années 1970, a également contribué à la perte de haies. Bien que le rythme décrive un ralentissement, de nombreux défenseurs de l'agriculture intensive continuent d'affecter les haies alors que des initiatives de restauration, soutenues par des aides publiques, voient le jour.
Quel est l'intérêt écologique du bocage ?
Autrefois, les haies du bocage servaient à délimiter les espaces où paissaient les animaux, tout en protégeant les cultures des intempéries. Aujourd'hui, elles restent essentielles pour limiter les effets du vent et de l'évapotranspiration, particulièrement cruciales à l'ère du changement climatique. En plus de servir de refuges pour la faune locale, les haies agissent comme de véritables corridors biologiques, enrichissant la biodiversité nécessaire pour une agriculture durable.
Les haies offrent une multitude de bénéfices : elles attirent des espèces d'oiseaux, favorisent la croissance de champignons, et servent de cachette au gibier. En agroforesterie, elles fournissent également du bois pour le chauffage. En conjunction avec les fossés, elles facilitent le drainage du sol lors de fortes pluies, augmentant ainsi la résilience des écosystèmes.
Incorporer le bocage dans nos jardins
La plantation de haies utiles à la biodiversité, ainsi que de haies fruitières et mellifères, peut enrichir aussi bien les jardins d'ornement que les potagers. Dans son ouvrage La Maubrairie, jardins de bocage, Stéphane Marie nous invite à découvrir ce lien précieux entre jardins et bocage. Ce livre illustre comment le bocage, paysage identitaire, peut contribuer à la création d'un réseau écologique bénéfique.
Tana Editions – 216 pages - 6 octobre 2022 – 32 €







