À l'arrivée des frimas, une serre s'avère précieuse pour les jardiniers souhaitant protéger leurs plantes frileuses et étendre leurs récoltes de légumes et de plantes potagères tout au long de l'année. Parmi les méthodes de construction et d'installation, la serre enterrée, aussi désignée sous le terme de serre walipini, suscite un grand intérêt. Mais qu'est-ce qui la caractérise ?
Origine de la serre walipini
Les serres enfouies ne sont pas un concept récent. Dès le XVIIIe siècle, ces structures ont démontré leur efficacité grâce à l'inertie thermique qu'elles procurent, permettant de protéger les plantes sensibles au froid. Au XXe siècle, des versions semi-enterrées en URSS ont permis de cultiver des agrumes, une technique rapidement adoptée par la Chine. Plus récemment, en Bolivie, la serre walipini a été mise en œuvre avec succès pour cultiver des plantes sur l'Altiplano, un territoire caractérisé par un climat extrême, afin d'assurer l'autosuffisance alimentaire des populations locales.
En réalité, l'invention de cette serre est attribuée à l'ingénieur suisse Peter Iseli dans les années 1990, suivi par l'ingénieur agronome Héctor Vélez. Le terme 'walipini' signifie 'espace chaleureux' dans le dialecte Aymara, ce qui a souvent conduit à croire à une tradition ancestrale. Des financements européens ont permis de faire avancer ce projet, offrant de nouvelles perspectives de culture aux populations de ces régions aux variations climatiques extrêmes.
Principes de fonctionnement d'une serre walipini
Schématiquement, la serre walipini se présente comme un espace creusé dans le sol, recouvert d'un toit transparent. La terre, par son inertie thermique, joue un rôle crucial en atténuant les variations de températures. En Bolivie, où l'ensoleillement peut atteindre jusqu'à 9 heures par jour en hiver, la serre emmagasine de la chaleur, la protégeant ainsi du froid et du vent. Cette chaleur est restituée la nuit, maintenant une température constante variant entre 10 et 15°C, ce qui favorise un microclimat propice à la culture, bien que ce ne soit pas toujours reproductible dans d'autres régions.
Construction d'une serre walipini
Construire une serre enterrée requiert un investissement en temps et en effort, débutant par des travaux de terrassement. Pour optimiser le projet, il est conseillé de descendre la structure à au moins 1,5 mètre sous le niveau du sol, voire 2,5 mètres pour plus de confort. Les conditions du sol, comme son affleurement à une nappe phréatique et son aspect non rocheux, influencent la faisabilité de cette installation. Il est aussi judicieux de se placer contre un muret ou un talus pour une protection additionnelle contre le froid.
Le toit transparent doit être orienté vers le sud pour capter un maximum de lumière. Il peut être composé de bâches en plastique, de plaques de PVC ou même de vieilles fenêtres récupérées. Il est crucial de penser à un bon système de drainage pour éviter l'accumulation d'eau, ainsi qu'à une ventilation pour prévenir l'humidité excessive. L'accès à la serre doit également être facilité. Enfin, il est important de réutiliser la terre superficielle débarrassée lors des travaux, car la terre en profondeur peut ne pas être adaptable aux cultures.
La force de cette serre bioclimatique réside dans sa capacité à maintenir une température stable, permettant de cultiver des légumes tout au long de l'année, tant que la conception est réalisée avec soin.







