Le croque-notes de François Simon. Aujourd'hui, le restaurant Chatomat, à Paris
Rien d’aussi touchant qu’une table qui prend vie, véritable élan créatif semblable à un chaton s’éveillant, curieux et indifférent à nos mains. Dans le quartier animé d'Oberkampf-Ménilmontant, une nouvelle adresse fait déjà parler d’elle. À la tombée de la nuit, les couples s'embrassent dans cette ruelle vivante, échangent des promesses à l'ombre de l'asphalte. Dans ce restaurant charmant, les tables se rapprochent pour accueillir une vingtaine de convives. Une communauté d'habitués, pleine de styles variés, se réunit ici, où l’on reconnait des pull-overs gris et des silhouettes hirsutes mises en valeur par un verre de syrah.
À la tête de cette aventure culinaire, Alice Di Cagno et Victor Gaillard, forts de leurs expériences au Gavroche à Londres et à l'Arpège à Paris, nous offrent des plats audacieux. Leurs créations, comme les œufs mollets sur crème de persil avec potiron, époustouflent par leur justesse, tout comme le lieu jaune accompagné de coques et de polenta. Leur cuisine allie panache et audace, avec une harmonie palpable entre la salle et la créativité des plats. À ce stade, peu d’aficionados se risquent à plonger dans les critiques, permettant ainsi à cette énergie juvénile de se déployer avec fraîcheur.
Il est indéniable que Paris voit émerger une multitude de ces cuisines nouvelles et sincères. Cette jeune génération de chefs se consacre à partager leur plaisir gastronomique, loin des contraintes du monde culinaire traditionnel. N'attendez plus pour découvrir Chatomat, car d'ici peu, les réservations deviendront une denrée rare. Comptez environ 40 euros pour un repas à la carte.
Chatomat, 6, rue Victor-Letalle, Paris (XXe),
tél. : 01 47 97 25 77. Fermé lundi et mardi, ainsi que le midi.







