La fosse toutes eaux représente un système clé pour le traitement des eaux usées domestiques là où le réseau de tout-à-l'égout n'est pas disponible. Il est important de noter que si un système d'assainissement collectif est à proximité, il est impératif de s'y raccorder.
Comment fonctionne une fosse toutes eaux ?
Avec une capacité variant entre 3 000 et 10 000 litres, la fosse est divisée en deux compartiments par une cloison qui permet aux gaz de circuler en haut et aux liquides au milieu. Les conduits d'alimentation et d'évacuation se trouvent en haut de chaque section, et des tampons de visite sont placés sur le dessus.
Ce dispositif recueille et conserve les eaux usées provenant des toilettes, de la cuisine et d'autres espaces domestiques, où les matières solides et graisses se transforment grâce à un processus de dégradation bactérienne. La fosse est conçue pour favoriser cette activité bactérienne essentielle.
Dégradation bactérienne dans une fosse toutes eaux
Les eaux usées entrent dans le premier compartiment, où elles se divisent par densité :
- Les matières solides les plus lourdes se déposent au fond.
- Les liquides clairs occupent la partie intermédiaire.
- Les graisses flottent à la surface.
- Les gaz de fermentation se regroupent dans la zone supérieure, aérée.
Dans le fond, un environnement sans oxygène favorise les bactéries anaérobies qui transforment les solides en liquides et gaz. Dans la partie supérieure, des micro-organismes aérobies s'attaquent aux graisses. Les liquides intermédiaires, une fois débarrassés des graisses, passent dans le second compartiment pour une filtration ultérieure.
Installation de la fosse toutes eaux
Pour garantir son bon fonctionnement, la fosse doit être raccordée par des canalisations étanches de 100 mm de diamètre, avec une pente d'écoulement d'au moins 3 % avant et 1 % après la fosse. Il est essentiel d'exclure les eaux de pluie de ce système.
Éléments clés d'une filière de traitement
Voici les six éléments essentiels qui assurent le traitement des eaux usées :
1. Le dégrilleur
Cette cuve, qui peut contenir entre 200 et 1000 litres, est équipée d'une grille pour retenir les impuretés solides (plastiques, verre, etc.). Son installation est facultative, mais recommandée en absence de bac à graisse.
2. Le bac à graisse
Le bac à graisse, ou décolloïdeur, capture les graisses et huiles contenues dans les eaux usées. Son installation est fortement conseillée, voire obligatoire dans certains cas, notamment si la fosse est située à plus de 10 mètres d'une maison.
3. Implantation et distances
Pour assurer le bon fonctionnement, la fosse doit être :
- À plus de 5 m de l'habitation,
- À plus de 3 m des limites de propriété ou des arbres,
- À plus de 35 m des sources ou puits.
4. La ventilation
La partie supérieure de la fosse doit être ventilée grâce à une tuyauterie de 100 mm, dépassant d'au moins 40 cm le toit de la maison pour éviter les odeurs désagréables.
5. Le préfiltre
Ce dispositif retient les fines particules en sortie de la fosse et nécessite un entretien régulier.
6. Dispositif d'épuration
Les eaux sont finalement traitées avant d'être relâchées dans la nature. Deux techniques d'épuration sont couramment utilisées :
Épandage souterrain
Cette méthode utilise un réseau de canalisations perforées sur un lit de gravier. Elle est souvent choisie pour les terrains perméables.
Filtre à sable
Ce système nécessite une excavation profonde, avec des couches de sable et gravier, idéal pour les terrains argileux.
Avantages de la fosse toutes eaux
- Elle permet une gestion écologique des eaux usées dans les zones non raccordées au réseau.
- Des coûts d'exploitation minimes si elle est bien dimensionnée et entretenue.
- Un système fiable et confortable à utiliser.
Inconvénients de la fosse toutes eaux
- Nécessité d’une autorisation préalable et contrôle de conformité à respecter.
- Coûts d’étude et d’installation pouvant être élevés.
- Entretien régulier qui demande du temps et des ressources.
Estimation des coûts
Les dépenses liées à la mise aux normes d’une fosse existante dépassent souvent celles d’une installation neuve. Cependant, des aides peuvent être disponibles. Voici une fourchette de prix indicative :
- Étude de sol : 500 à 2000 €.
- Dossier SPANC : 50 à 200 €.
- Fosse nue de 3000 litres : 450 à 1000 €.
- Installation complète : 5 000 à 10 000 €.
- Rénovation : 8 000 à 15 000 €.
- Entretien annuel : 180 à 400 €.
- Vidange : 150 à 250 €.







