Les pensions complémentaires des 13 millions de retraités ex-salariés du privé ne connaîtront pas d'augmentation au 1er novembre. Cette décision a été prise par les syndicats et le patronat, gestionnaires du régime Agirc-Arrco, lors du conseil d’administration du 8 octobre, qui a opté pour un maintien du niveau des pensions durant les 12 prochains mois. Ainsi, la valeur du point, fixée à 1,2714€, restera inchangée par rapport à novembre 2019.
Les raisons de ce gel des pensions
En raison de la crise sanitaire persistante, et conformément à l'accord signé le 10 mai 2019, les partenaires sociaux ont jugé nécessaire de conserver le niveau des pensions. Cet accord visait à équilibrer les finances de l'Agirc-Arrco sans nuire au pouvoir d'achat des retraités. Il stipule que les retraites doivent suivre l'évolution de l'inflation, avec deux conditions :
- Si l'inflation dépasse la hausse des salaires, les retraites évoluent en fonction de cette dernière.
- Aucune diminution des pensions n'est permise.
La crise et une augmentation du chômage ont entraîné une baisse des salaires des cotisants, tandis que l'inflation observée par l'Insee ne s'élève qu'à 0,1%. Par conséquent, les pensions resteront figées.
La crise et l'impact sur l'équilibre de l'Agirc-Arrco
Alors que le régime avait réussi à redresser ses finances en 2019, la crise actuelle le remet en difficulté. Le déficit pourrait atteindre plus de 6 milliards d'euros en 2020. Les projections récentes n’offrent plus la garantie de maintenir un minimum de six mois de réserves jusqu'en 2033. Cela soulève des interrogations quant aux mesures à prendre pour les salariés et à l'évolution de la valeur d'achat du point, qui détermine les droits à la retraite accumulés par les cotisants. Le conseil d’administration de l'Agirc-Arrco a décidé de reporter sa décision sur ce sujet jusqu'à nouvel ordre.







