Dans un monde où l'autonomie alimentaire est rare, même les jardiniers doivent parfois recourir à des achats extérieurs. C'est ici que les labels alimentaires jouent un rôle clé. Cependant, avec l'émergence de nouvelles estampilles, il est crucial de comprendre ce qui se cache derrière leurs promesses et de distinguer les labels vraiment fiables des autres, souvent flous et peu transparents.
les labels bio à surveiller
La popularité croissante des produits biologiques a engendré des critiques sur certaines pratiques d'industrialisation, altérant ainsi les standards originaux du bio. Même si les pratiques bio excluent l’usage d'engrais chimiques et de pesticides de synthèse, la durabilité des méthodes peut parfois faire défaut. Un vrai bio se doit d'envisager des pratiques comme la rotation des cultures et l’utilisation systématique de couverts végétaux qui sont parfois négligés.
Parmi les labels bio les plus sérieux, citons :
- Label AB : anciennement obligatoire, il a été aligné sur l'Eurofeuille avec un taux de contamination OGM toléré de < 0,9%.
- Bio Cohérence : un label privé exigeant zéro OGM et intégrant des valeurs sociales.
- Nature et Progrès : promouvant l’équité et la proximité, il adopte une vision globale de l'agriculture.
- Demeter : axé sur l'agriculture biodynamique, bien qu'il soit parfois critiqué pour son approche holistique.
- Bio Equitable en France : créé en 2020, il vise des échanges commerciaux équilibrés entre producteurs et transformateurs.
les nouvelles méthodes agricoles
Adoptée aux États-Unis, l'agriculture de conservation mise sur la fertilité des sols sans recourir au labour. Bien qu'elles représentent des avancées agronomiques, ces pratiques restent insuffisantes face à des nuisibles comme le glyphosate.
De manière similaire, l'agriculture régénératrice partage des principes avec la permaculture, tels que le compostage et l'agroforesterie. Toutefois, le flou de ses standards peut laisser des fenêtres ouvertes à des pratiques néfastes.
vers une certification plus responsable
Le label Haute Valeur Environnementale (HVE), bien qu’encouragé par le gouvernement depuis 2011, peine à se distinguer des pratiques conventionnelles. Des études de l’Office français de la biodiversité révèlent que ce label ne garantit pas de bénéfice environnemental significatif, suscitant des accusations de greenwashing.
Enfin, le label Zéro Résidu de Pesticides (ZRP) permet l'utilisation de pesticides à des seuils très réduits, mais pose des questions sur leur impact sanitaire et écologique. Le livre "Pour en finir avec les pesticides" de Claude Aubert et François Veillerette offre des pistes concrètes pour réduire l'usage de ces substances indésirables, tant pour les agriculteurs que pour les jardiniers.
* Éditions Terre vivante - Coll. Conseils d’expert – 160 pages – 18 janvier 2022 - 14 €







