Beau, pratique et de plus en plus présent sur terrasses, balcons et pelouses, le gazon synthétique a séduit de nombreux foyers. Pourtant, derrière son aspect impeccable se cache un problème souvent méconnu : il n'est pas totalement perméable et peut accentuer le ruissellement des eaux de pluie, participant ainsi à l'aggravation des inondations locales.
un phénomène invisible mais préoccupant
De nombreuses études et spécialistes alertent sur les conséquences hydrologiques et écologiques du recours massif aux gazons artificiels. Une enquête de travaux.com révèle d'ailleurs que plus d'un quart des Français envisageraient d'interdire ce revêtement, pointant son impact sur la biodiversité et sur la gestion des eaux pluviales. En pratique, les tapis synthétiques empêchent une partie de l'eau de s'infiltrer vers les couches de sol, augmentant le débit de ruissellement qui rejoint les caniveaux et les points bas du voisinage.
Outre l'augmentation du ruissellement, le gazon synthétique peut contribuer à l'effet d'îlot de chaleur en été et au lessivage de microplastiques lors des pluies intenses, deux conséquences environnementales qui interrogent la pertinence de ce choix pour des espaces verts durables.
aménagements simples pour limiter les risques
Si vous envisagez ou possédez déjà du gazon synthétique, plusieurs mesures peuvent réduire l'impact sur l'évacuation des eaux :
- Perforer la surface tous les 15 à 20 cm pour améliorer la perméabilité et faciliter l'infiltration.
- Poser le gazon sur un lit meuble (sable concassé ou grave) qui aide à réguler l'écoulement et favorise le drainage.
- Éviter d'encoller hermétiquement les bords : laisser des cheminements d'eau vers les exutoires naturels ou artificiels.
- Prévoir des dispositifs d'appoint comme des noues, tranchées drainantes ou puisards pour capter et stocker les eaux de ruissellement en cas d'orage.
penser alternatives et aménagements durables
Pour concilier esthétique et résilience face aux intempéries, privilégiez des solutions perméables : gazon naturel adapté, prairies fleuries, dalles alvéolaires végétalisées ou pavés drainants. Les aménagements favorisant l'infiltration (bandes végétalisées, jardins de pluie) participent à la résorption des eaux pluviales et renforcent la biodiversité locale.
En résumé, le gazon synthétique n'est pas une fatalité : en l'associant à des techniques d'infiltration et à des choix paysagers responsables, il est possible de limiter son impact sur les inondations et de préserver l'équilibre des sols et des milieux environnants.







