Les vignerons provençaux misent aussi sur le rouge
Demain, les vins rouges de Provence pourraient bien se faire une place d'honneur parmi les grands vins de France. Cette évolution est marquante pour une région généralement associée au vin rosé.
Ces rouges, à la fois ronds et souples, présentent une structure qui les rend agréables à boire sans exubérance. Ils sont accessibles, se marient harmonieusement avec une grande variété de plats, et gagnent en popularité au-delà des frontières, souvent dues à leur réputation un peu en retrait, liée au rosé.
Mettons en lumière le dévouement des vignerons provençaux. Depuis trois décennies, ils œuvrent sans relâche pour se sortir de la facilité de produire des rosés vendus au prix fort aux touristes. Bien que certains producteurs continuent sur cette voie, de nombreux vins rouges méritent un coup de projecteur bien plus important que ce qu'ils ont traditionnellement obtenu.
Un terroir riche et diversifié
Chaque terroir de Provence dévoile une identité propre. L’appellation Bandol, berthe par Henri de Saint-Victor, s'est longtemps battue pour promouvoir des rouges d’exception, vendus à des prix plus élevés que les rosés, mais qui trouvent de meilleures chances d'exportation. Les petites appellations comme Bêlé ou Palette se concentrent sur un secteur très spécifique, tandis que les côtes de Provence s’étendent sur 20 000 hectares, englobant les Baux-de-Provence et les coteaux varois. Ce changement de perspective montre que l'image des "vins de Provence" s'élargit, et des investisseurs commencent à porter un regard neuf sur ces régions.
Évolution des techniques de viticulture
La Provence connaît une transformation notable, tant par l'initiative de ses producteurs que par l'influence d'investisseurs. Les caves provençales, désormais, rivalisent avec celles de Bordeaux et de Bourgogne. De gros investissements ont été réalisés dans des équipements modernes, notamment pour améliorer les conditions de vinification. Cette évolution est accompagnée par des réglementations qui encouragent les cépages adaptés à l'encépagement, même si certaines restrictions restent contestées.
L'encépagement diversifié permet de produire des assemblages sophistiqués, essentiels pour la valorisation des vins. Les œnologues utilisent un éventail de cépages pour tirer le meilleur de chaque lot, et avec les 13 cépages autorisés en Côtes-de-Provence, la créativité et l'excellence sont au rendez-vous.
Carnet de dégustation
1. CHÂTEAU-LA-TOUR-DE-L'ÉVÉQUE, étiquette noire 2001 - Un grand cru avec une belle densité et un équilibre remarquable. 15,80 euros.
2. Château-sainte-roseline, cuvée prieuré 2005 - Un vin puissant avec des tanins racés, à garder en cave. 17,85 euros.
3. Château-des-garcinières, cuvée du prieuré 2004 - Combinant cabernet sauvignon, grenache et syrah, il offre des arômes raffinés. 9,20 euros.
4. Château-coussin-sainte-victoire, cuvée César 2001 - Un vin d'exception, mûri en barrique, à savourer avec le temps. 18 euros.
5. Commanderie-de-peyrassol, Château-de-peyrassol 2004 - Un vin de garde avec une structure et une fraîcheur à toute épreuve. 16,20 euros.







