Au lendemain du vote controversé du rapport de Charles Alloncle, Jérémie Patrier-Leitus, président de la commission d’enquête sur l’audiovisuel public, n’a pas hésité à exprimer son mécontentement à l’égard de son collègue. Selon lui, Alloncle n’a pas clairement spécifié ses intentions politiques, qu’il soupçonne être dirigées vers la privatisation de l'audiovisuel public.
La tension était palpable lors du vote des députés sur le rapport de Charles Alloncle, avec Patrier-Leitus qui, tout en ayant voté en sa faveur, a clairement fait part de son désaccord avec les méthodes utilisées par le député ciottiste. Sur France Inter, il a déclaré : «Je l’ai voté malgré mes réserves et mes critiques sur ses démarches.»
En décembre, Patrier-Leitus avait pris la décision remarquée de suspendre les travaux de la commission, soulignant que c'était «la première fois qu’une telle suspension avait lieu». Il a exprimé son inquiétude face à la transformation de la commission en «tribunal politique». Dans cette dynamique, il a admis avoir contribué à une «politique spectacle» en perdant parfois son calme.
Dans sa critique de Charles Alloncle, il a identifié un «décalage» entre leurs visions, affirmant que les «accusations» d’Alloncle à l’encontre de plusieurs figures, y compris la présidente de l’Assemblée nationale, sont sérieuses et méritent d’être examinées de près. «Je combats l’extrême droite plus que jamais. Je ne céderai pas à leurs méthodes,» a-t-il affirmé.
Patrier-Leitus s’est également interrogé sur la véritable motivation d’Alloncle à travers des insinuations qui le lieraient au Rassemblement national. Son questionnement a porté sur la possibilité qu'Alloncle soit un «cheval de Troie» pour des intérêts de privatisation, en référence à des échanges qu’il aurait eus avec le groupe Lagardère, propriété de Vincent Bolloré. «Son impartialité est à remettre en question,» a-t-il ajouté.
Concernant le fond des rapports, Patrier-Leitus a reconnu qu'ils mettent en lumière «des dysfonctionnements» au sein des institutions, tout en précisant que le rapport ne devait pas être interprété comme une démonstration d’un système mafieux. Il espérait que ce rapport serait l’occasion d’un véritable débat sur «l’avenir de l’audiovisuel public». Appelant à une fusion des services publics d’audiovisuel pour mieux faire face à la concurrence croissante des plateformes, il a conclu en affirmant son souhait que l’audiovisuel public soit «souverain et indépendant».







