Pour les habitants de Cherbourg, la question se pose : pourra-t-on acheter une baguette de pain ou un brin de muguet le 1er mai 2026 ? Jusqu’à présent, seuls les propriétaires de ces commerces avaient la possibilité d’ouvrir, les employés étant contraints de rester chez eux. Cependant, un projet de loi en discussion pourrait modifier la donne en permettant aux salariés de travailler dans les boulangeries et fleuristes. Ces derniers devraient être en accord volontaire et, pour ceux qui acceptent, leur rémunération serait doublée. Bien que cette loi ne soit pas encore validée, le Premier ministre Sebastien Lecornu a récemment annoncé qu’aucune sanction ne serait appliquée aux artisans désireux de prendre les devants et d’anticiper les changements.
Quelles décisions ont donc été prises par les commerçants cherbourgeois ? En plein centre-ville, plusieurs boulangeries maintiennent la tradition de fermeture pour cette journée particulière. Sabine, gérante d’une boulangerie, précise : "On prend un petit peu de repos, si on peut prendre une journée, on la prend !" D’autres, comme la boulangerie Prijent, optent pour une ouverture limitée. Son propriétaire, Anne-Sophie, déclare : "Nous ouvrons le matin seulement. Mon conjoint et moi, nous travaillons, alors que nos employés restent au repos. Nous sommes bien situés, et cela suffit pour satisfaire notre clientèle.”
En revanche, certaines fleuristes se retrouvent face à un dilemme. Sandrine, qui tient une boutique dans le secteur, fait savoir : "J’aurais aimé que ma salariée vienne, mais les coûts supplémentaires liés au paiement double nous placent dans une situation financière précaire." À quelques pas de là, d’autres fleuristes ont décidé de saisir cette opportunité. "Mes employés étaient ravis de pouvoir travailler ce jour-là, car c'est une journée financièrement très attrayante," explique un commerçant. "L’année dernière, j’ai géré seul cette journée, c’était épuisant." Avec l’arrivée de touristes à Cherbourg, le commerce espère tirer parti de l’afflux généré par l'escale du paquebot Iona.
Des syndicats opposés à cette mesure
Cependant, cet assouplissement des règles n’est pas du goût de tous. Certaines organisations syndicales, comme Force Ouvrière, s'opposent fermement à cette réforme. La secrétaire départementale de FO, Sandrine Gamblin, exprime ses préoccupations : "Nous devons préserver ce jour de repos. Si nous commençons à bousculer nos droits, cela ouvre la porte à encore plus de recul. Avec les réformes sur les retraites engagées, les conséquences sont déjà alarmantes pour les salariés.” Elle souligne également les inconvénients d’un travail basé sur le volontariat, en arguant qu'il place les employés dans une position précaire vis-à-vis de leurs employeurs.
Les syndicats prévoient de faire entendre leur voix lors du défilé traditionnel du 1er mai à Cherbourg, prévu à 10h30, au départ de la place Napoléon.







