Dans un évènement sans précédent, le pape Léon XIV commence aujourd'hui une tournée de 18.000 km à travers quatre pays d'Afrique, dont l'Algérie, terre natale de Saint Augustin. Prévu pour le lundi 13 avril, ce déplacement constitue une étape majeure pour l'Église catholique et les relations interreligieuses, étant la première visite d'un pape dans ce pays majoritairement musulman. L'archevêque d'Alger, le cardinal Jean-Paul Vesco, a déclaré à l'AFP que cette mission visait à "construire des ponts entre le monde chrétien et le monde musulman".
Cette visite ne se contente pas de revêtir une importance historique ; elle est également personnelle pour Léon XIV. En suivant les traces de Saint Augustin, dont la pensée a marqué le christianisme, le pape cherche à insuffler un message de paix dans un contexte international particulièrement tendu, exacerbé par des conflits au Moyen-Orient. L'Algérie, avec sa population de 47 millions d'habitants, est ancrée dans la tradition islamique sunnite, et la coexistence pacifique sera au cœur de son discours.
Dans un climat sociopolitique chargé, sa récente prise de position contre la guerre a provoqué des réactions, notamment de la part du président américain Donald Trump. Ce dernier a exprimé son désaccord avec le pape, affirmant notamment : "Je ne suis pas un grand fan du pape Léon, il ne croit pas à la lutte contre la criminalité". Bien que Léon XIV n'ait pas ciblé Trump dans ses discours, les tensions sont palpables et soulignent l'importance de cette visite.
Un appel à la fraternité dans le pays
Le pape arrivera à Alger à 10 heures locales et sera accueilli avec les honneurs. Pour marquer le début de son séjour, il prévoit de rendre hommage aux victimes de la guerre d'indépendance contre la France au monument des martyrs, témoignant ainsi d'une volonté de reconnaitre l'histoire douloureuse du pays. Il rencontrera également le président Abdelmadjid Tebboune et inaugurera sa visite par un discours devant les autorités locales et le corps diplomatique.







