Le 5 mars dernier, une scène singulière a eu lieu dans le bureau ovale : Donald Trump entouré de plusieurs pasteurs évangéliques en prière. Ce moment soulève des questions cruciales sur le rôle des chrétiens nationalistes dans la sphère politique américaine aujourd'hui.
Dans un contexte de tensions croissantes avec l'Iran, cette mise en scène soigneusement orchestrée a suscité de nombreuses interrogations. Des pasteurs, parallèlement à leur ferveur religieuse, expriment leur soutien indéfectible à Trump en se positionnant comme des alliés stratégiques du président. "Seigneur, nous vous prions de continuer à donner au président Trump la force qu'il lui faut pour guider notre grand pays", ont-ils déclaré ce jour-là.
Donald Trump, président novateur, a été le premier à établir des prières officielles dans son bureau ovale. Les chrétiens nationalistes, devenus des conseillers de confiance pour lui, s’affichent tels des soldats de Dieu en quête de transformation idéologique de l'Amérique. Parmi eux, Travis Johnson, pasteur évangélique influent de la Pathway Church, confie à France Télévisions : "Je prie pour qu'il fasse preuve de force et de courage. Trump est un instrument de Dieu dans cette période critique."
Une présence marquante au sommet de l'État
Leurs messages résonnent fortement, mêlant foi et enjeux politiques. "Nous ne venons pas pour faire des vagues, mais pour prendre le pouvoir", affirme Johnson. Les chrétiens nationalistes ont déjà influencé des décisions législatives, telles que celles contre les droits des transgenres et l'avortement, et sont fréquemment impliqués dans des délégations diplomatiques. Ils ont en effet rencontré des figures de proue comme Volodymyr Zelensky et affichent un soutien constant à Israël.
Travis Johnson se trouvait à Mar-a-Lago fin décembre, lorsque Benyamin Netanyahou a présenté à Trump son projet d'attaquer l'Iran. Pour lui, "notre rôle dépasse le spirituel ; il est géopolitique et Israël est la défense contre l'extrémisme islamique." Un autre fait marquant a été la création par Trump d'un bureau de la foi à la Maison-Blanche, dirigé par sa proche, la pasteure Paula White-Cane, qui déclare : "La Maison-Blanche est une terre sainte." Dans ses prêches, elle dépeint Trump comme une figure presque messianique, affirmant : "Dire non à Donald Trump, c'est dire non à Dieu."
Un partenariat basé sur des intérêts croisés
Bien que Trump ne soit pas considéré comme un chrétien pratiquant, son administration utilise désormais ces références religieuses pour nourrir sa rhétorique politique, justifiant ainsi ses décisions controversées. Le secrétaire à la Défense, Pete Hegseth, ardent défenseur de cette vision, ne cache pas ses croyances affichées par des tatouages évocateurs. En conférence de presse sur l'Iran, il se permet de citer les Écritures : "Béni soit le Seigneur, mon rocher qui exerce mes mains au combat, mes doigts à la bataille."
La dynamique est claire : les chrétiens nationalistes profitent de Trump pour promouvoir leur agenda et vice versa. Ces pasteurs ont réussi à mobiliser environ 30 % du corps électoral américain, constituant ainsi une des bases électorales les plus fidèles du président. Matthew D. Taylor, chercheur à l'université de Georgetown, souligne : "Trump sait que même les décisions les plus controversées ne le priveront pas du soutien infaillible de sa base."
À l'approche des élections de mi-mandat, prévue en novembre, les chrétiens nationalistes promettent de jouer un rôle encore plus visible à la Maison-Blanche. Diane Schlienger de France Télévisions conclut : "Trump s'appuie sur eux pour sa campagne, en espérant remporter ces élections cruciales."







