Dans le paisible village de Montreuil-au-Houlme, situé dans l'Orne, la société Socaorne envisage de transformer des terres agricoles en carrière de granulats. Le collectif citoyen "Stop carrière" dénonce ce projet, qu'il juge nuisible pour l'environnement et sans impact positif pour l'économie locale.
Le paysage pittoresque de Montreuil-au-Houlme, connu pour ses arbres majestueux et ses prairies verdoyantes, pourrait être bouleversé. La société Socaorne prévoit d'exploiter 24 hectares de l'ancienne ferme laitière, ayant acquis l'appui de la préfecture de l'Orne après une enquête publique qui a conclu en faveur du projet pour 2025. Ces terrains, à peine habités par 130 âmes, sont actuellement protégés par des normes environnementales strictes.
Selon le collectif, cette carrière pourrait générer jusqu'à 150 000 tonnes de granulats par an, entraînant un accroissement du trafic routier. "Ces zones font partie de l’espace protégé Natura 2000, vital pour la faune et la flore", alerte Soizic Le Gratiet, membre du collectif. Elle souligne que la tranquillité de la région serait menacée et qu'elle pourrait voir disparaître des espèces comme la cigogne noire, qui fréquente la zone.
« Si on perturbe le calme de cet endroit, les cigognes noires vont fuir. Les nuisances sonores et les vibrations des camions seraient insupportables pour elles. » s'inquiète Soizic. De plus, les membres du collectif redoutent une dégradation des zones humides, essentielles à la biodiversité locale.
Des terres agricoles mises à mal
Soizic Le Gratiet souligne que d'autres carrières existent déjà dans la région. Selon elle, celles-ci ne supporteront pas les besoins de chantiers locaux : "Ce projet ne favorisera pas le développement économique, et ces terres seront irrémédiablement perdues pour l'agriculture". De vieux habitants affirment que ces terres étaient parmi les plus riches de la commune.
Le démarrage des travaux est prévu pour septembre 2026. Toutefois, Socaorne a déjà connu des contretemps, voyant des arbres abattus lors de la période de nidification des oiseaux, ce qui lui a valu une réprimande de l'État. En mars, la société a également subi un incident avec l'incendie de l'un de ses bulldozers, dont les causes restent floues.
Le collectif "Stop carrière" réaffirme sa position non-violente et a prévu d'organiser un pique-nique citoyen le 23 mai, dans le cadre d'une mobilisation pour la protection de l'environnement local.







