Bourges se transforme en véritable temple du jeu de dames pour la seconde année consécutive, accueillant une manche de la coupe du monde. Cette compétition réunie 72 participants en provenance d'une dizaine de pays, dont 20 maîtres internationaux et nationaux, qui s'affrontent jusqu'à dimanche à la salle Ginette Virmont Sochet, anciennement connue sous le nom de salle du Moutet, non loin de l'aéroport.
Les vainqueurs de l'épreuve repartiront avec une cagnotte de 6.000 euros. L'an passé, un prodige néerlandais de seulement 15 ans avait décroché le titre. En effet, aux Pays-Bas, le jeu de dames est enseigné dès l'école. La tension est palpable dans l'air, alors que le silence s'installe dans la salle. Concentration maximale est de mise pour les joueurs, dont certains soutiennent que les minutes qui précèdent le début des parties sont les plus angoissantes. "On essaie d'oublier tout cela avant la partie, confie Ghislain Baligand, président de l'amicale damiste du Cher, l'organisateur. Une fois le premier pion déplacé, le cerveau se met en action."
Outre Jan Groenendijk, le champion du monde en titre, d'autres figures de proue du jeu s'affrontent : Arnaud Cordier, le meilleur joueur français, et Joël Atsé, classé cinquième mondial, sont également présent. Les parties sont retransmises en direct grâce à six damiers électroniques, permettant aux amateurs du monde entier de suivre les confrontations. "Les potentiels adversaires au championnat du monde ont également l'occasion d'observer les jeux, ajoute Baligand.
Les joueurs disposent d'une heure et demie pour réaliser leurs 45 premiers mouvements, accompagnés d'une pendule, comme aux échecs. Richard Przewozniak, un arbitre international, signale que le jeu peut parfois prendre des tournures inattendues. "Il existe un vainqueur et un perdant, mais il peut également y avoir des parties nulles, indique-t-il. Dans ce cas, chaque joueur se partage le point. Cela survient lorsque l'on ne peut plus prendre les pièces de son adversaire ou l'empêcher de jouer."
"Chaque coup compte : on considère qu'un coup est joué lorsqu'on retire son doigt d'une pièce, même si l'on n'a pas encore appuyé sur la pendule", conclut Richard Przewozniak.
La compétition est ouverte au public et attire d'ores et déjà de nombreux curieux. Par ailleurs, l'amicale damiste du Cher prépare une autre compétition imminente, avec les championnats du monde par équipe de trois, qui se tiendra la semaine prochaine à Saint-Doulchard.







