Un nouveau drame a frappé la Manche, illustrant les dangers mortels des traversées maritimes clandestines. Deux femmes, âgées d’une vingtaine d'années et d'origine soudanaise, ont perdu la vie dimanche matin alors qu'elles tentaient de rejoindre le Royaume-Uni. L’incident s'est produit lorsque leur embarcation surchargée a échoué sur une plage du Pas-de-Calais.
Le secrétaire général de la préfecture du Pas-de-Calais, Christophe Marx, a indiqué que le bateau de type "small boat" transportait environ 82 personnes. Il a pris la mer dans la nuit de samedi à dimanche, mais le moteur n’a pas démarré, entraînant une dérive tragique. Au moment de l'échouage, 65 personnes restaient encore à bord.
Les deux victimes ont été retrouvées "décédées dans le bateau". Selon M. Marx, il semblerait qu'elles ne soient pas mortes noyées, mais plutôt "étouffées dans cette embarcation inadaptée et surchargée", une situation malheureusement trop fréquente dans ces traversées risquées.
Sur les 82 passagers, 17 ont été secourus par la gendarmerie maritime et transportés au port de Boulogne-sur-Mer. Parmi eux, quatorze personnes se trouvent en nécessité d'une prise en charge médicale d'urgence, incluant cinq évacuations vers des hôpitaux et trois autres en état critique, souffrant de brûlures causées par un mélange de carburant et d'eau de mer, comme l’a précisé la préfecture.
Une enquête a été ouverte pour établir les responsabilités autour de cette tragédie. Le parquet de Boulogne-sur-Mer a confirmé des poursuites pour aide à l'immigration clandestine en bande organisée, ainsi que pour homicide involontaire aggravé.
Ce drame est le troisième en un mois lié aux tentatives de traversée de la Manche. Le 1er avril, deux migrants avaient déjà perdu la vie près de Gravelines, suivis d'autres décès à Equihen-Plage le 9 avril. "On n'en voit pas le bout de cette histoire. Personne n'a les vraies solutions et c'est dramatique", a déploré Paulette Juilien-Peuvion, maire de Neufchâtel-Hardelot.
L'association Utopia 56 a dénoncé ces tragédies en liant leur récurrence aux "politiques répressives à la frontière franco-britannique", qualifiant ces décès de conséquences directes des décisions politiques prises par les gouvernements.
Un nouvel accord a été signé entre la France et le Royaume-Uni le 23 avril pour tenter de freiner ces traversées, dont la seconde reconduction du traité de Sandhurst de 2018. Pourtant, malgré une baisse des arrivées au Royaume-Uni de moitié depuis le début de l'année, 41.472 personnes ont effectué la traversée clandestine en 2025, un chiffre alarmant pour des routes maritimes si périlleuses.
Avec au moins 29 migrants perdus en mer cette année, cette tragédie recentre l’attention sur les urgentes médiations nécessaires pour éviter de futurs drames, tant les victimes continuent de se compter par dizaines.







