Alors que la guerre en cours au Moyen-Orient exacerbe la crise énergétique mondiale, de nombreux automobilistes népalais se tournent vers les véhicules électriques, faisant du Népal l'un des marchés en pleine expansion pour les voitures écologiques.
Purushottam Adhikari, 48 ans, est au volant de son minibus électrique de 18 places à Katmandou. Il se considère chanceux, voyant dans cette crise une occasion d'attirer davantage de clients.
"Mon activité perdure. Au contraire, chaque jour, je constate un nombre croissant de passagers intéressés par les véhicules électriques", déclare-t-il, parcourant quotidiennement environ 300 kilomètres.
Le Népal, tiré par son potentiel hydroélectrique, est aujourd'hui le deuxième pays au monde à adopter rapidement l'électromobilité. Avec une population de 30 millions de personnes, le pays a importé environ 13 500 véhicules électriques pour la période 2024-2025, un chiffre qui représente le double des véhicules à combustion interne.
Pour mettre cela en perspective, il y a dix ans, seuls sept véhicules électriques étaient importés, selon des données gouvernementales.
L'augmentation récente des prix du pétrole au Népal, qui a presque doublé depuis fin février, a conduit à une hausse des frais de transport.
— Pas de pénurie —
"Une recharge complète me coûte 8 dollars (environ 6,80 euros), contre plus de 66 dollars (56,30 euros) pour un véhicule diesel", note M. Adhikari, précisant qu'il n'a pas relevé ses tarifs depuis l'augmentation des tensions au Moyen-Orient.
La multiplication des stations de recharge sur les itinéraires principaux favorise encore plus l'adoption des véhicules électriques.
Susmita Bishowkarma, 20 ans, opte pour cette alternative en raison de son impact "respectueux de l'environnement". "C'est à la fois confortable et abordable", souligne-t-elle, tout en prenant place dans le minibus Joylong A6 de M. Adhikari, fabriqué en Chine.
Le Népal, qui dépend entièrement des importations de pétrole, a jusqu'à présent évité les pénuries que rencontrent ses voisins, le Bangladesh et le Pakistan, où les automobilistes font face à de longues heures d'attente dans les stations-service.
"La hausse de l'utilisation des véhicules électriques est l'une des principales raisons de notre résilience face à cette crise", a déclaré à l'AFP Govind Raj Pokharel, expert en énergies alternatives.
Dans la capitale, les taxis électriques et les voitures silencieuses, dépourvues d'émissions, sont désormais monnaie courante. Selon les autorités de la circulation, jusqu'à 60 % des minibus entrant dans Katmandou sont électriques.
Le Népal compterait environ 50 000 véhicules électriques sur un total de 6,2 millions de véhicules motorisés, d'après des responsables du ministère des Transports.
— Une demande qui dépasse l'offre —
Kishor Bartaula, porte-parole des douanes, précise qu'un nombre croissant de véhicules électriques attendent actuellement d'être dédouanés. Par ailleurs, le gouvernement prévoit de remplacer 10 000 véhicules endommagés lors des émeutes précédentes par des véhicules électriques dans le cadre de sa politique énergétique verte.
Les concessionnaires confirment que la demande dépasse désormais l'offre. "C'est devenu difficile d'y faire face", indique Ritima Pandey, responsable chez Venture Motors, qui commercialise des vans électriques Kawei.
Avec l'augmentation du diesel, de nombreux propriétaires échangent leurs anciens véhicules thermiques contre des modèles électriques. Écoles et universités envisagent également d'acquérir des flottes électrifiées, marquant une transition qui touche des domaines au-delà des trajets individuels.
Pour Govind Raj Pokharel, il est crucial que les décideurs profitent de cette dynamique pour encourager la fabrication et l'assemblage locaux de véhicules électriques, offrant une solution durable à long terme.
Actuellement, la Chine prédomine sur le marché népalais, représentant plus de 75 % des importations de véhicules électriques.







