Surnommée le "Miami du Vietnam", Da Nang émerge comme une destination incontournable pour les travailleurs à distance, se hissant à la hauteur de Chiang Mai, en Thaïlande, et Bali, en Indonésie. Le coût de la vie dans cette ville côtière connaît une hausse rapide, comme le révèle le rapport de Business Insider.
Bien que le Vietnam ne dispose pas encore d’un visa spécifique pour les nomades numériques, Da Nang semble bien partie pour attirer un grand nombre de travailleurs à distance. Joshua Zukas, un journaliste, souligne dans son article sur Da Nang que "cette ville offre encore un havre de paix préservé pour les nomades numériques — mais peut-être pas pour longtemps" (Business Insider).
En 2019, The New York Times a qualifié Da Nang de "Miami du Vietnam" et l’a classée parmi les “52 destinations à visiter”, mettant en avant ses plages de sable fin et ses restaurants de fruits de mer. Ce mois-ci, le journal américain a de nouveau mentionné la ville en rapport avec l’ouverture d’un nouvel hôtel de luxe, notant que le gouvernement vietnamien facilite l’accès au pays par des exonérations de visa pour certains voyageurs (New York Times).
Le Da Nang Nomad Fest, organisé en mars, a su séduire les nomades numériques. Comme le mentionne Business Insider, “les médias locaux, soutenus par l’État vietnamien, mettent régulièrement en avant la popularité croissante de la ville parmi les travailleurs à distance”. L’absence d’un visa de longue durée ne semble pas déranger ces travailleurs, car “la plupart des ressortissants peuvent obtenir un visa électronique de trois mois sans difficulté”.
Bien que les chiffres relatifs à leur afflux restent flous, l’impact sur le coût de la vie, notamment sur les loyers, est palpable. Un studio en centre-ville revient aujourd’hui à environ 6 millions de dongs vietnamiens, soit près de 200 euros par mois. “Pour une chambre séparée, je dois débourser au moins 12 millions de dongs, ce qui est hors de portée pour moi”, déclare une traductrice vietnamienne originaire de Hué, à une centaine de kilomètres de là.
Les avis des habitants sur l’afflux des nomades numériques sont partagés. Hana Nguyen, une jeune entrepreneuse ayant ouvert un espace de coworking, estime que leur présence est “bénéfique pour la ville, la communauté et l’emploi”. Elle souligne que certains travailleurs à distance recrutent du personnel local, comme des graphistes et des traducteurs. Daniel Schlagwein, chercheur à l’université de Chulalongkorn en Thaïlande, renforce cette idée en affirmant que “beaucoup de locaux préfèrent traiter avec les nomades numériques plutôt qu’avec les touristes. Ils travaillent durant les jours ouvrables, restent plus longtemps et dépensent davantage sur place”.







