Après cinq mois d’auditions, la publication tant attendue du rapport sur l’audiovisuel public, dirigé par Charles Alloncle, devrait avoir lieu cette semaine. Ce document de près de 400 pages met en lumière des dysfonctionnements inquiétants, notamment un désengagement des autorités de régulation qui, selon Alloncle, a fragilisé le service public. Ce rapport propose des mesures visant à réformer en profondeur le paysage audiovisuel français.
Alloncle déclare que le service public présente des signes de crise, tant sur le plan financier qu'administration, et dit avoir constaté une déconnexion avec les attentes des Français. Son rapport prône une refonte totale ou partielle de l’audiovisuel, en ciblant notamment France Télévisions et Radio France. Parmi les mesures envisagées, on note la fusion de plusieurs chaînes de télévision et de radio, ce qui a été annoncé par Le Figaro.
De nombreuses fusions de chaînes
Une des suggestions d’Alloncle est la fusion de France 2 avec France 5, ainsi que celle de Franceinfo avec France 24. Les réseaux France 3 Régions et ICI (ex-France Bleu) seraient également regroupés, tandis que certaines chaînes seraient éliminées, comme France 4, Mouv' et Slash.
Réduction des jeux et du sport sur France Télévisions
Alloncle critique aussi la diffusion excessive de jeux télévisés sur le service public, restant convaincu qu’il n’est pas approprié de proposer une dizaine de programmes de ce type par jour. Il exhorte à réduire le budget réservé aux jeux de trois quarts et d'un tiers celui dédié au sport, une position largement médiatisée par Le Figaro.
Plus de diversité de points de vue chez les éditorialistes
Concernant les éditorialistes du service public, Alloncle souhaite une diversification des voix et propose de faire appel à des journalistes du secteur privé. Il envisage une plateforme participative citoyenne où les Français pourraient soumettre leurs idées et observations sur le traitement de l’information, dans le but de prévenir la partialité.
Nommer les PDG par l'Élysée
Un des points les plus controversés du rapport est la proposition de confier la nomination des présidents de France Télévisions et Radio France à l’Élysée, plutôt qu'à l'Arcom. Alloncle critique l’opacité du procédé actuel, qu'il juge peu démocratique, en raison de la décision ferme prise par le collège de l’Arcom à huis clos.
Ce rapport, bien qu'il ne soit pas encore officiellement publié, suscite déjà de nombreux débats. Jérémy Patrier-Leitus, député Horizons et président de la commission d’enquête, a qualifié l’approche d’Alloncle de "malhonnête", insinuant une volonté de préparer le terrain à une potentielle privatisation soutenue par ses alliés du Rassemblement national.
Une vision de la télévision publique élitiste, éloignée des familles et des publics les plus populaires.
— Delphine Ernotte Cunci (@DelphineErnotte) May 5, 2026
Ma réaction au rapport sur l’audiovisuel public ⤵️ pic.twitter.com/1SLhi1Wplj
Delphine Ernotte, présidente de France Télévisions, a, de son côté, dénoncé un rapport "à charge" qui viserait à affaiblir le service public de manière historique.







