Le célèbre narcotrafiquant américain, Joaquin Guzman, alias "El Chapo", a demandé aux autorités judiciaires des États-Unis son transfert vers le Mexique. Cette demande a été formalisée dans des lettres, enregistrées le 4 mai dans le système d'information judiciaire fédéral, et relayées par l'AFP.
Dans une lettre manuscrite adressée à un tribunal fédéral de New York, datée du 23 avril, il déclare : "Je demande un retour dans mon pays". Ce retour, espéré par de nombreux Mexicains, intervient alors que sa renommée mondiale n'a jamais été aussi forte.
"Ceci est une lettre polie concernant (...) des infractions qui n'ont pas été prouvées concernant mon cas", ajoute-t-il dans un anglais hésitant.
Une réclusion à perpétuité jugée "cruelle" et "injuste"
La défense de Guzman souligne que sa peine d'emprisonnement à perpétuité est non seulement excessivement sévère mais également inéquitable. Il se plaint de l'attente prolongée de son appel, estimant avoir été placé injustement dans un isolement prolongé.
Extradé vers les États-Unis en 2017 après deux évasions spectaculaires de prisons mexicaines, El Chapo a été condamné en 2019. Ses conditions carcérales sont souvent dénoncées, notamment son isolement et l'absence de visites familiales, comme l'indiquent plusieurs de ses lettres.
De nombreux experts en droits humains affirment que le traitement réservé à Guzman soulève des questions morales et juridiques. Jean-Marc Dupuis, spécialiste en droit pénal international, déclare dans le Le Monde que "le traitement des détenus, quelle que soit leur culpabilité, devrait toujours répondre à des normes respectables et humaines".
La saga d'El Chapo, emblématique du trafic de drogue au Mexique, continue d’alimenter les débats tant aux États-Unis qu’au Mexique. Les implications de son transfert pourraient influencer la perception publique sur le traitement des criminels dans les deux pays.







