Elections locales au Royaume-Uni : futur incertain pour le Labour de Keir Starmer

Le Labour affronte un vote sanction imminent, des tensions émergeant sur la scène politique.
Elections locales au Royaume-Uni : futur incertain pour le Labour de Keir Starmer
©Hannah McKay, AFP - Le Premier ministre britannique Keir Starmer participe à une réunion à Downing Street, dans le centre de Londres, le 5 mai 2026

Le parti travailliste britannique, dirigé par un Keir Starmer dont la popularité est en chute libre, s'apprête à affronter un vote sanction lors des élections locales de ce jeudi. Les électeurs pourraient voir d'un mauvais œil les promesses non tenues de croissance, particulièrement en ces temps de crise économique exacerbée par le conflit au Moyen-Orient.

Depuis son retour au pouvoir en juillet 2024 après 14 ans d'opposition, le Labour rencontre des difficultés à tenir ses engagements, et les sondages révèlent un désenchantement croissant parmi ses partisans. Ce scrutin représente un défi crucial pour Keir Starmer, 63 ans, dont la gestion s'est accompagnée de controverses qui alimentent les appels à un changement à la tête du parti.

Les bureaux de vote ouvriront à 07H00 locales (06h00 GMT) et fermeront à 22H00 (21H00 GMT), avec les premiers résultats attendus dans la nuit. Environ 5 000 sièges sont en jeu en Angleterre, en plus des parlements gallois et écossais.
Les prévisions laissent entrevoir une perte potentielle de 2 000 sièges pour le Labour et la possibilité de perdre la majorité au Parlement gallois, ce qui constituerait un bouleversement historique depuis sa création en 1998.

Des études d'opinion, comme celle réalisée par Survation, indiquent que le parti nationaliste de gauche, Plaid Cymru, est en tête, suivi de près par Reform UK, un parti d'extrême droite dont la montée coïncide avec les préoccupations croissantes liées à l'immigration, avec près de 200 000 migrants clandestins arrivés par la Manche depuis 2018.

Le climat politique britannique se fragmente, ce qui soulève des préoccupations quant à l'avenir des deux grands partis, travaillistes et conservateurs. Les Tories, sous la direction de Kemi Badenoch, pourraient également subir un coup dur avec la perte possible de 600 sièges, cédant du terrain à des partis émergents comme Reform.

À Londres, traditionnel bastion du Labour, les Verts, emmenés par leur nouveau leader Zack Polanski, espèrent réaliser d'importants gains, renforçant ainsi leur positionnement à gauche, mais non sans controverse.

Les élections en Écosse représentent également un enjeu stratégique pour le parti indépendantiste SNP, qui vise à conserver sa majorité, tandis que les travaillistes semblent en déclin dans cette région.

Pour Tim Bale, professeur de sciences politiques à l'université Queen Mary, on constate une "déception" généralisée envers les deux partis traditionnels, perçus comme ayant échoué dans leurs promesses. Luke Tryl, directeur du think tank More in Common, souligne que "Keir Starmer incarne cette déception, avec une action gouvernementale critiquée par 70% des sondés selon YouGov."

Déterminé à inverser la tendance, Starmer a appelé les électeurs à privilégier le "progrès" contre la "division" incarnée par Reform et des promesses jugées vides des Verts. Le Labour a également mis en lumière des propos racistes tenus par des candidats de Reform et des déclarations antisémites de certains candidats verts, poussant Zack Polanski à justifier son positionnement face à des attaques récentes contre la communauté juive à Londres.

Cependant, cela suffira-t-il à redorer l'image d'un Labour dont l'électorat semble désabusé par les débuts de mandat? Les frictions au sein du parti sont exacerbées par des affaires comme celle de Peter Mandelson, nommé ambassadeur à Washington malgré son passé controversé. Des critiques internes croissantes pourraient même mener à des appels à un départ anticipé de Starmer, avant les élections générales de 2029, alors que Reform semble dominer les intentions de vote.

Néanmoins, certains membres du Labour craignent qu'un départ rapide de leur leader ne plonge le parti dans le chaos, ne laissant aucune figure de proue évidente parmi les potentiels successeurs, comme Angela Rayner, Wes Streeting ou Andy Burnham.

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