Ce vendredi, le Sénat américain a franchi une étape majeure en adoptant un budget de près de 70 milliards de dollars dédié à la lutte contre l'immigration. Ce texte, soutenu par 52 sénateurs contre 47, fait suite à un long débat soulignant le malaise croissant chez certains républicains vis-à-vis des directives de l'administration Trump.
La lutte contre l'immigration, qui suscite généralement un consensus à droite, s'est révélée être un sujet de discorde. Les démocrates, traditionnellement opposés à la rigueur des opérations de l'ICE (Immigration and Customs Enforcement) et des CBP (Customs and Border Protection), réclamaient des réformes substantielles, particulièrement à la suite des décès de Renee Good et d'Alex Pretti à Minneapolis. Ces tragédies, survenues durant les protestations contre les actions de l'ICE, ont placé ces agences sous le feu des critiques.
Le budget, dont l'échéancier s'étale sur trois ans, a été adopté sans les réformes proposées, ce qui a provoqué une paralysie budgétaire au ministère de la Sécurité intérieure durant plus de 70 jours, un phénomène rarissime, rapportent les experts politiques.
- Une adoption tumultueuse -
Bien que le financement soit soutenu par la majorité des républicains, l'adoption de ce texte n'a pas été de tout repos. Une série d'amendements ont vu le jour, certains provenant de républicains eux-mêmes, ce qui a mis en lumière les réticences à suivre aveuglément les souhaits de Trump. Un amendement pour interdire l'utilisation de fonds publics pour construire un espace de danse à la Maison Blanche, cher à Trump, a été un bon exemple de ce désaccord croissant.
Un autre point de friction concerne un fonds de près de 1,8 milliard de dollars, destiné à compenser des individus qualifiés de victimes par le gouvernement. Les démocrates ont dénoncé ce fonds comme une « caisse noire » potentiellement accessible aux partisans de Trump, notamment ceux impliqués dans l'assaut du Capitole du 6 janvier 2021.
La résistance à cette initiative a été telle que le ministre de la Justice par intérim, Todd Blanche, a annoncé l'abandon du projet, soulignant les dissensions internes grandissantes.
- Vers des conflits accrus -
Les tensions à l'intérieur du Parti républicain se sont accentuées avec des amendements visant à graver dans la loi l'abandon de certaines initiatives, reflétant un malaise général face aux projets de Trump. Pendant ce temps, la Chambre des représentants a également progressé dans l'adoption d'une proposition de loi pour de nouvelles sanctions contre la Russie, ainsi qu'un soutien militaire de 8 milliards de dollars pour l'Ukraine, alors que l'approche de Trump a été largement critiquée par des élus à Washington.
Ces revers récents pour Trump au Congrès témoignent d'un climat politique de plus en plus hostile, exacerbé par des résolutions visant à mettre fin à la guerre contre l'Iran. Mercredi, la Chambre a adopté une résolution empruntant le même chemin, illustrant ainsi les révélations d'une fracture croissante au sein des républicains.
Trump a qualifié ce vote d'« antipatriotique », affirmant qu'il mettait en péril les discussions en cours avec Téhéran. L'avenir s'annonce incertain alors que la fracture se creuse au sein de l'aile républicaine, laissant planer des doutes sur la direction future du parti.







