Par Matthieu Le Gall
Après six années à la tête du Parti travailliste et près d'un an et demi à avoir proposé une alternative à la droite britannique, Keir Starmer a finalement été contraint de démissionner, victime bataille au sein de son propre camp. À la suite d'une fronde orchestrée par Andy Burnham, maire de Manchester, Starmer a perdu le soutien de nombreux élus. Ce dernier reproche au premier ministre sa gestion face à la montée de l'extrême droite au Royaume-Uni.
La démission de Starmer vient s'ajouter à une longue liste d'instabilités politiques qui engendrent des préoccupations au-delà des frontières britanniques. À Kiev, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a exprimé ses regrets, car Starmer avait démontré, tout au long de son mandat, son engagement inébranlable envers l'Ukraine. Le Royaume-Uni, en tant que partenaire stratégique, a su apporter une aide précieuse, donnant l'impression que Londres restait solidaire de l'Europe malgré le Brexit.
Si Andy Burnham est nommé, il deviendra le septième premier ministre britannique en une décennie, et au-delà de sa capacité à maintenir l'appui britannique à l'Ukraine, ses choix politiques pèseront lourd sur l'image du pays sur la scène européenne. Personne n'est irremplaçable, et le renouvellement des dirigeants est un caractère fondamental des démocraties libérales. Cependant, la rapidité des changements de direction au Royaume-Uni semble affaiblir tous les partenaires européens, comme l'analyse le professeur Jean Dupont de l'Université de Paris, qui explique : "Un turnover instable fragilise les alliances, surtout dans des périodes charnières".







