Après un double séisme dévastateur ayant fait plus de 2.600 victimes et plus de 12.000 blessés, un McDonald's s'est transformé en centre de soins à Caraballeda, une ville côtière gravement touchée. Quinze jours après ces tremblements de terre de magnitude 7,2 et 7,5, qui ont frappé l’Etat de La Guaira, les infrastructures hospitalières sont saturées et ne peuvent accueillir un nombre si élevé de blessés.
Les hôpitaux ont rapidement atteint leur capacité maximale, contraignant les victimes à se diriger vers des centres de soins improvisés. Les tentes dressées par des bénévoles côtoient désormais les lieux emblématiques comme les garages ou les chaînes de fast-food.
À l'intérieur du McDonald's, les médecins, tels que Karlys Figueroa, chirurgienne oncologue, apportent leur aide bénévole en soignant ceux qui souffrent de crises d'hypertension, d'anxiété ou de symptômes gastriques.
"Nous avons beaucoup de victimes à traiter ici," confie-t-elle, soulignant que des dizaines de médecins se relayent pour soigner les blessés. Autour d'eux, l'établissement a été réaménagé : les comptoirs de hamburger servent des arepas et des sandwiches. L'ancien glacier, quant à lui, est devenu un abri pour des animaux abandonnés.
Dans une gare routière à Catia La Mar, trois grandes tentes ont été installées pour traiter les blessés. Chaque tente abrite des brancards et des écrans pour fournir un premier secours, tant physique que psychologique. Le contraste cruel entre le chaos environnant et le calme des soignants témoigne de la détermination des équipes médicales.
Iverson Medina, un jeune garçon de 13 ans, est blessé après avoir passé 16 heures coincé sous les décombres. "J'avais très peur, mais les pompiers sont venus me sauver", raconte-t-il. Il a vécu des moments tragiques, ayant perdu sa grand-mère dans le séisme.
María José Pino, gynécologue-obstétricienne, a également été touchée par le séisme. Bien que blessée, elle se consacre corps et âme à ses patients, mais elle ressent un profond désespoir. "J'ai l'impression de ne pas en faire assez, malgré mes efforts", confie-t-elle.
Le Dr Antonio Olaizola met en garde contre le risque croissant d'épidémies, alors que les sinistrés sont rassemblés dans des refuges précaires. Selon lui, des infections sont déjà signalées, et la surpopulation dans ces centres est un facteur aggravant pour la propagation de maladies infectieuses. "Nous devons agir rapidement pour éviter une crise sanitaire majeure", conclut-il avec gravité.







