Les tensions frontalières entre la Thaïlande et le Cambodge viennent de monter d'un cran. Moins de deux semaines après la mise en place d'un cessez-le-feu, l'armée thaïlandaise a affirmé que le Cambodge avait « violé » cet accord fragile en tirant des obus de mortier dans une zone contestée, blessant un de ses soldats. Selon un communiqué militaire, le tir s'est produit près de la zone de Chong Bok, sans que la gravité des blessures subies par le soldat ne soit précisée.
Ce nouvel incident est survenu alors que les deux pays cherchaient à stabiliser leur situation après trois semaines de combats éclatants qui avaient coûté la vie à au moins 47 personnes et déplacé près d'un million de réservistes le long de leur frontière. Les deux gouvernements s’étaient engagés à geler la progression de leurs forces militaires et à collaborer pour désamorcer les mines dans les zones touchées, comme l’a rapporté Le Monde.
D'après l'armée thaïlandaise, le Cambodge a admis avoir tiré accidentellement, sans intention d'agresser. Une communication a eu lieu entre les deux forces armées, où le Cambodge a reconnu que cet incident découlait d'une « erreur opérationnelle ». Ces déclarations pourraient cependant atténuer temporairement la colère grandissante en Thaïlande, où des voix s'élèvent pour demander une réponse ferme aux provocations cambodgiennes.
Les observateurs pensent que cette spirale de tensions résulte également de décennies de désaccords sur le tracé de leur frontière de 800 kilomètres, déterminé durant la période coloniale française. Les accès à certains territoires riches en ressources sont au cœur des discussions, et la montée des nationalismes pourrait encore compliquer davantage la situation. Comme l'indique un analyste de l'Institut asiatique d’études stratégiques, « tant que les différends frontières resteront irrésolus, de tels incidents continueront d'affecter les relations entre les deux pays ».







