Alors que la communauté internationale digère les répercussions de l'attaque des États-Unis au Venezuela, l'Union européenne peine à afficher une unité forte. Le coup de force contre Nicolás Maduro a laissé les chancelleries des 27 États membres divisées, bien que Kaja Kallas, cheffe de la diplomatie européenne, ait proposé un respect des normes internationales.
Jean-Dominique Giuliani, président de la Fondation Robert Schuman, souligne cette paradoxale relation entre l'Europe et les États-Unis. Selon lui, même si l'Europe est militairement affaiblie, elle détient des atouts diplomatiques importants. Dans une récente interview avec Le Monde, Giuliani a affirmé que « la diplomatie européenne possède un poids considérable dans la gestion des crises mondiales, même si elle n’est pas soutenue par une puissance militaire robuste ».
La situation en Ukraine exacerbe encore le besoin de collaboration transatlantique, rendant d'autant plus délicate une critique ouverte des actions américaines. Les pays européens doivent naviguer entre le soutien tacite nécessaire aux États-Unis et la nécessité de respecter leur propre engagement envers le droit international.
D'autres experts, comme la géopoliticienne Anne-Marie Le Gloannec, partagent cette analyse. Elle note que « l'Europe a souvent été vue comme un acteur pacifiste, mais cette image doit évoluer. Pour peser dans le débat, elle doit se positionner avec assurance sans perdre de vue ses valeurs ». En effet, face à une tendance internationaliste croissante, l'Europe doit redéfinir sa stratégie pour faire entendre sa voix dans un monde dominé par des puissances comme les États-Unis et la Chine.
Dans ce contexte, se pose la question : l'Europe parviendra-t-elle à se forger une identité forte et indépendante, ou restera-t-elle à la traîne des grandes décisions stratégiques mondiales ?







