La campagne officielle des élections législatives au Bangladesh, tant attendue, débute ce jeudi, alors que le pays émerge d'une année marquée par des violences ayant conduit à la fin du règne de l'ex-Première ministre Sheikh Hasina.
Dans trois semaines, plus de 127 millions d'électeurs, sur une population totale de 170 millions, se rendront aux urnes pour élire les 350 membres de la chambre unique du Parlement et se prononceront par référendum sur une série de réformes cruciales destinées à consolider la démocratie.
La compétition s’annonce aussi tendue qu’incertaine dans un pays majoritairement musulman où les rivalités politiques et ethnico-religieuses ont alimenté des violences incessantes depuis les troubles de l'été 2024.
Le parti de Mme Hasina, la Ligue Awami, étant désormais exclu, ses principaux concurrents, le Parti nationaliste du Bangladesh (BNP) et le mouvement islamiste Jamaat-e-Islami, émergent comme favoris.
Les prétendants commencent leur campagne ce jeudi. Tarique Rahman, le nouveau leader du BNP, succède à sa mère Khaleda Zia, décédée récemment. À Sylhet, il démarre sa campagne entouré de partisans, rendant hommage auparavant dans un sanctuaire soufi, une pratique islamique mystique.
Ses rivaux du Jamaat, qui rejettent le soufisme, débutent leur mobilisation par un rassemblement dans la capitale Dacca.
Après des années d'interdiction, le Jamaat a récemment fait un retour en force, soutenu par le gouvernement provisoire dirigé par le Prix Nobel de la paix Muhammad Yunus. Leurs manifestations de rue se multiplient, marquant un retour à la scène politique.
Pour ces élections, ils ont formé une coalition avec le nouveau Parti national des citoyens (NCP), composé de révolutionnaires étudiants ayant poussé Sheikh Hasina à l'exil.
Hasina, autrefois surnommée la "bégum de fer", a été condamnée par contumace pour son rôle dans des répressions violentes, une accusation qu’elle ni à tout moment.
Les révoltes de 2024, selon les rapports de l'ONU, ont coûté la vie à plus de 1 400 personnes, principalement des civils. La Ligue Awami avait remporté les dernières élections de janvier 2024 avec 222 sièges, mais cette victoire avait été largement critiquée comme frauduleuse.
La participation électorale et les attitudes des partisans représentent un défi majeur pour le 12 février. Le référendum concomitant portera sur une charte de réformes proposée par Muhammad Yunus, prétendument pour contrer tout retour autocratique. Adopté après des débats difficiles en octobre, ce texte limite à deux mandats le rôle de Premier ministre, restructure les prérogatives présidentielles et réaffirme le pluralisme ethnique et religieux du pays.







