Gap (AFP) – Considéré comme le plus ancien et le plus célèbre des rallyes, le Monte-Carlo s'élance ce jeudi entre la principauté monégasque et les routes enneigées des Alpes françaises. Ce premier rendez-vous de la saison 2026 du Championnat du Monde WRC attire toujours le public malgré des défis pour séduire les grands constructeurs.
Après avoir abandonné en 2025 les moteurs hybrides jugés trop coûteux, cette édition ne compte que 11 voitures en compétition : cinq Toyota, trois Hyundai et trois de l'écurie privée M-Sport Ford. Les pilotes s'affronteront sur les routes historiques du Monte-Carlo, qui existe depuis 1911.
Au sommet des candidats, le Français Sébastien Ogier, nonuple champion du monde et découpant dix victoires à Monaco, affiche une fois encore son statut de favori. Il se battra avec sa Toyota GR Yaris contre les Hyundai i20 de son rival belge, Thierry Neuville, champion du monde 2024, et d'Adrien Fourmaux, un autre pilote français prometteur.
"Viser la victoire est notre objectif", confirme Ogier à l'AFP tout en rappelant la complexité de cette épreuve. "C'est un rallye qui reste très délicat, très piégeux". Évoquant son aspiration à un dixième titre mondial, il précise que continuer sur un tel rythme sera un « défi ».
Dixième titre mondial : un défi de taille
Il insiste sur le fait que "ça va être très compliqué de maintenir le même niveau de performance". À 42 ans, cet ancien étudiant de Gap n'est pas contraint de participer à toutes les épreuves pour Toyota, une écurie qu'il a déjà conduite vers trois couronnes mondiales.
Autre concurrent à surveiller, son coéquipier britannique Elfyn Evans. Face à eux, M-Sport Ford, sous la direction du pilote irlandais Jon Amstrong, tentera d'arracher une victoire dans l'un des 17 challenges chronométrés, y compris une spéciale sur le circuit emblématique de Formule 1 de Monaco. M-Sport reçoit un soutien technique de la part d’un géant américain, ajoutant une dimension supplémentaire à cette compétition.
Dans le cadre du rallye2, le retour de Lancia, incontournable dans les années 70 et 80, été également salué par le pilote français Yohan Rossel, qui évoque un réel engouement pour le sport.
Météo capricieuse et défis attendus
Le Monte-Carlo est famoso pour sa météo imprévisible, notamment autour de Gap. La présence de pluie verglaçante et de neige pourrait compliquer le choix des pneumatiques Hankook, comme l'annoncent certains pilotes. "Cela pourrait s’avérer l’un des rallyes les plus ardus de la dernière décennie", prédit Fourmaux.
Malgré ces incertitudes, le public s'annonce nombreux sur les routes des Alpes. À Gap, la "fan zone" regorge d'activités et attire les foules, comme le souligne Fourmaux, qui a troqué ses études de médecine pour consacrer sa passion à la course. “Je rêve de gagner ici”, confie-t-il avec un large sourire, après avoir terminé troisième l’an passé.
La nécessité d'une réinvention
Le championnat comprend cette année encore 14 manches, avec des haltes aux Îles Canaries, au Paraguay et en Arabie Saoudite, où Ogier avait décroché son neuvième titre. Cependant, le WRC peine à se renouveler et suscite de plus en plus de critiques quant à son attrait pour les médias. Le champion suisse Olivier Burri, qui continue de concourir à 62 ans sur une Toyota rally2, plaide pour une transformation nécessaire : "Nous avons besoin de nous réinventer", notamment en prenant exemple sur l'essor de la Formule 1.
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