Alors que les intentions de Donald Trump semblent floues, un porte-avions américain a fait son apparition dans le Golfe, ravivant les craintes d'une intervention militaire en réponse à la répression persistante en Iran. Le président américain reste en effet ambigu, déclarant que Téhéran aspire au dialogue.
Malgré le calme apparent, les arrestations continuent de croître dans toute la République islamique, avec un bilan alarmant de plus de 41 880 personnes interpellées, selon l'ONG Human Rights Activists News Agency (HRANA). Ce climat de peur voit les forces de sécurité multiplier les actions répressives, même après la fin des manifestations qui avaient agité le pays plus tôt dans le mois.
HRANA a également rapporté la confirmation de 6 126 décès, dont 5 777 portaient la marque des répercussions des manifestations. Le mouvement des droits humains peine à obtenir des statistiques précises en raison des coupures d'internet imposées depuis le début de mois, compliquant ainsi leur travail de documentation.
Donald Trump exhibe une posture à double tranchant : il annonce la présence du porte-avions Abraham Lincoln dans la région, tout en oscillant entre menace et ouverture au dialogue. "Nous avons une grande armada près de l'Iran, plus grande qu'au Venezuela", a-t-il déclaré, vraisemblablement pour montrer la force américaine dans le secteur. Toutefois, il a également mentionné que l'Iran souhaite négocier.
Les experts du New York Times notent que le régime iranien est en difficulté, ses forces étant décrites comme étant parmi les plus faibles depuis la révolution islamique. Ces données alimentent l'idée que Washington pourrait envisager des frappes ciblées, notamment contre des figures de proue comme l'ayatollah Ali Khamenei. Le sénateur Lindsey Graham a affirmé que depuis la Maison Blanche, l'objectif final demeurerait de renverser le régime actuel.
Côté iranien, la réponse est mesurée mais ferme. Un porte-parole des Gardiens de la Révolution a averti que toute incursion du porte-avions américain dans les eaux iraniennes serait considérée comme une provocation, tandis que des médias conservateurs évoquent la possibilité d'une "riposte majeure", y compris le contrôle du détroit d'Ormuz, vitale pour la circulation mondiale de pétrole.
Dans les rues de Téhéran, la propagande ne faiblit pas, avec des affichages symboliques évoquant la destruction d'un porte-avions américain. En parallèle, la télévision d'Etat diffuse des déclarations de manifestants, souvent interprétées comme des aveux forcés, dans le but de renforcer le pouvoir en place.
La situation demeure donc tendue, avec des chiffres contestés sur les pertes humaines ; l'opposition évoque par exemple un total de 36 500 morts, tandis que les ONG occidentales craignent un bilan dépassant les 25 000 victimes dans les événements récents.







