Alors que Donald Trump a exprimé que les États-Unis pourraient réduire leur assistance à l'Irak si Nouri al-Maliki, considéré comme proche de l'Iran, revenait au pouvoir, le candidat au poste de Premier ministre a catégoriquement rejeté mercredi cette manoeuvre américaine. Les déclarations de Trump sont perçues comme une ingérence manifeste dans les affaires internes de l'Irak.
Ce mercredi 28 janvier, à Bagdad, des milliers de manifestants se sont rassemblés près de l'ambassade américaine pour exprimer leur soutien à Maliki, en scandant des slogans favorables ou en brûlant des symboles américains. La tension dans les rues montre clairement un rejet des efforts perçus comme des tentatives d'intervention extérieure dans la politique nationale.
Nouri al-Maliki, figure incontournable de la scène politique irakienne et ancien Premier ministre à deux reprises, a quitté le pouvoir en 2014 sous la pression de Washington, qui l'avait qualifié de trop proche de Téhéran et de responsable de la détérioration de la situation économique du pays.
Dans un message partagé sur son réseau social, Trump a mis en garde : "La dernière fois que Maliki a dirigé le pays, il a plongé l'Irak dans la pauvreté et le chaos. Nous ne fournirons plus d'aide si ce personnage est réélu." Un point de vue partagé par plusieurs analystes, y compris des experts en politique internationale, qui soulignent que la candidature de Maliki pourrait exacerber les tensions déjà présentes dans la région.
Appui des chiites d'Irak
Maliki a répondu avec force en déclarant que ces menaces provenant de l'extérieur violaient les principes démocratiques établis en Irak depuis l'invasion de 2003, visant à renverser Saddam Hussein. Il a affirmé, sur le réseau X, qu’il se consacrerait à défendre les intérêts des Irakiens, en dénonçant de manière vigoureuse l’ingérence américaine.
Agissant comme un pivot dans la politique irakienne, Maliki bénéficie du soutien du Cadre de coordination, une importante alliance chiite. Ce soutien, consolidé lors d'un vote, représente un développement notable alors que des voix s'élèvent pour questionner l'avenir de sa candidature sous la menace des répercussions américaines. Des sources politiques irakiennes confirment que des réunions sont prévues pour discuter des démarches à entreprendre face aux récentes déclarations de Trump.
Confrontation par procuration avec l'Iran
La situation en Irak est particulièrement complexe, étant un terrain d'affrontement entre l'influence américaine et celle de l'Iran. Alors que les tensions s'intensifient, la formation d'un nouveau gouvernement irakien est d'une importance stratégique pour tous les acteurs impliqués. Des diplomates américains, y compris Marco Rubio, ont exprimé leurs préoccupations, avertissant que l'ascension d'un gouvernement pro-iranien pourrait être catastrophique pour les intérêts américains dans la région.
Maliki, qui a proposé une nouvelle approche politique, pourrait être la clé pour rétablir une certaine stabilité, à condition de répondre aux demandes des États-Unis concernant le désarmement des milices pro-iraniennes qui influencent fortement l'économie irakienne. La fragilité de la situation économique de l'Irak, exacerbée par les sanctions américaines, ajoute une couche de complexité aux défis qui attendent le prochain Premier ministre.
Avec AFP







