L'ONU, plusieurs États arabes ainsi que l'Union européenne ont exprimé leur désaccord face à l'adoption par Israël de nouvelles mesures foncières qui renforcent son emprise sur la Cisjordanie, suscitant des inquiétudes quant à une possible annexion du territoire palestinien.
Un peu plus d'une semaine après avoir validé une loi facilitant l'accès à la propriété pour les colons, le gouvernement israélien a décidé ce dimanche d'accélérer l'enregistrement des titres fonciers en Cisjordanie, occupée par Israël depuis 1967.
Antonio Guterres, secrétaire général de l'ONU, a appelé Israël à "revenir sans délai" sur cette mesure qu'il qualifie de "destabilisante" et a rappelé qu'elle a été jugée "illégale" par la Cour internationale de justice.
De son côté, l'Union européenne a réaffirmé que "l'annexion de la Cisjordanie est contraire au droit international," tandis que le roi Abdallah II de Jordanie a dénoncé des "actions illégales" visant à "imposer une souveraineté sur les terres palestiniennes" et qui menacent d'accentuer le conflit israélo-palestinien.
Le ministère israélien des Affaires étrangères a justifié cette décision en affirmant qu'elle vise à "clarifier les procédures d'enregistrement foncier" pour résoudre des litiges juridiques. Israël a accusé l'Autorité palestinienne de mener également des "enregistrements illégaux" dans des zones sous son contrôle, comme stipulé dans les accords d'Oslo.
- Une nouvelle forme d'annexion -
Ce nouveau règlement prévoit un budget de 244 millions de shekels (environ 67 millions d'euros) pour une opération de régulation foncière dans la zone C, qui représente environ 60% du territoire de la Cisjordanie et est sous contrôle israélien, selon l'ONG israélienne "La Paix maintenant" qui milite contre les colonies.
Cette procédure pourrait entraîner la dépossession de nombreux Palestiniens de terrains qu'ils considèrent comme les leurs, mais qui n'ont pas de titres de propriété clairement établis, au profit de l'État israélien. Selon Yonatan Mizrachi, co-directeur de cette ONG, "de nombreux Palestiniens vont découvrir que ces terres ne leur appartiennent pas" à la suite du nouveau processus d'enregistrement.
- "Légalement invalides" -
Le 8 février, des mesures similaires avaient été annoncées, largement critiquées à l'international, étendant le contrôle israélien sur l'ensemble du territoire, divisé en trois zones selon les accords d’Oslo. Ces mesures facilitent également l'achat de terres pour les colons, en supprimant des lois qui avaient temporairement restreint leurs achats en Cisjordanie.
Les autorités israéliennes pourront également administrer certains lieux de culte, même localisés dans des zones sous la juridiction de l'Autorité palestinienne. La réponse de l'Autorité palestinienne a été ferme, qualifiant ces mesures de "légalement invalides" et dénonçant un "début de facto d'un processus d'annexion".
Des pays comme l'Arabie Saoudite, l'Égypte et le Qatar ont également condamné ces actions, affirmant qu'elles sont préjudiciables aux efforts de paix et de stabilité dans la région. La colonisation a persisté sous tous les gouvernements israéliens depuis 1967 et s'est intensifiée sous le gouvernement actuel de Benjamin Netanyahu, marqué à droite, notamment depuis le début de la guerre à Gaza en octobre 2023.
Actuellement, plus de 500.000 Israéliens vivent en Cisjordanie dans des colonies que l'ONU juge illégales, entourés d'environ trois millions de Palestiniens, renforçant ainsi les tensions dans cette région déjà fragile.







