Dans la cour du complexe, le bruit intempestif des générateurs se mêle aux murmures du vent glacial, alors que plus de 1 000 appartements tentent de préserver un semblant de normalité. Ce lieu, connu sous le nom de Tchoudo-Gorod, fut inauguré en 2011 comme un symbole de la prospérité économique de l'Ukraine post-soviétique, mais la guerre a transformé cette image.
Le 9 février, des drones russes ont frappé ce complexe, occasionnant des incendies et des dommages considérables, selon les rapports d'BFMTV. Deux personnes ont été blessées, et un homme de 35 ans a trouvé la mort aux mains des bombardements.
Actuellement, la vie des habitants tourne autour des générateurs. Avec plusieurs coupures d'électricité causées par la guerre, le dernier incident, survenu le 12 février, laisse présager de semaines, si ce n'est des mois, d'obscurité totale. L'annonce de la société DTEK a semé la panique parmi les résidents, qui s'inquiètent de la pérennité de leurs conditions de vie.
"Le pire hiver"
"Chaque aspect de notre quotidien dépend de l'électricité, y compris les ascenseurs," confie Iouri Stepanets, un trentenaire tétraplégique et actif au sein de la communauté, qui a souvent joué un rôle d'intermédiaire avec les autorités locales.
La guerre, qui est entrée dans sa quatrième année, a considérablement aggravé les conditions de vie. "L'hiver 2025-2026 est le plus horrible que nous ayons connu," constate un habitant d'Odessa, illustrant ainsi la tragédie du conflit.
Au-delà des coupures électriques, Odessa subit des frappes incessantes qui visent ses infrastructures essentielles, laissant de nombreux civils sans accès à l'eau ni à l'électricité. Les monuments historiques sont également touchés, accentuant le sentiment de perte pour cette ville connue pour sa culture vibrante.
Un quartier fantôme
Avec la guerre omniprésente, Natalia Tioupina, 66 ans, a vécu l'exode depuis Kherson, une ville aujourd'hui toujours sous le feu des assaillants russes. Devenue concierge à la Cité Merveilleuse, elle dépeint la désolation face à un quotidien désormais tourné vers la survie. "Je ne peux rien planifier, ma vie dépend des moments où le courant est rétabli pour accomplir de simples gestes quotidiens," confie-t-elle, la voix tremblante.
La solidarité entre voisins est visible. Volodymyr Khokhlov, un père de famille, prend soin des générateurs tout en essayant de maintenir le moral des siens. "C'est notre réalité maintenant," dit-il, avant d'admettre qu'il n'éprouve plus d'émotions face aux souffrances endurées. La communauté de la Cité Merveilleuse, confrontée aux déchirements de la guerre, reste résiliente, oscillant entre l'espoir et la désespérance.







