Le gouvernement vénézuélien a annoncé, ce samedi, la libération de 80 prisonniers politiques dans le cadre d'une amnistie touchant un total de 379 personnes. La déclaration a été faite par Jorge Rodríguez, président du Parlement, à l'AFP.
Cette décision fait suite à l'adoption d'une loi d'amnistie et fait partie des promesses faites par le nouveau gouvernement, né sous l'ombre de l'arrestation de l'ancien président Nicolas Maduro par les États-Unis. Jorge Arreaza, un parlementaire, a précisé lors d'une interview qu'il était urgent que ces détenus soient libérés rapidement. Une attention s'est portée sur la loi adoptée jeudi, en réponse à la pression des États-Unis sur la présidente par intérim Delcy Rodriguez.
Cependant, cette mesure suscite des scepticismes. Selon des experts, de nombreux prisonniers, notamment des policiers et des militaires ayant été accusés d'activités considérées comme « terroristes », pourraient être exclus de l'amnistie. La loi, bien qu'elle soit historique, n'inclut pas complètement les crimes commis durant les mandats de tout un ensemble de dirigeants de gauche, allant d'Hugo Chavez à Nicolas Maduro, ne se référant qu'à des périodes précises d'incarcération.
Une main tendue, mais des inquiétudes palpables
De nombreux proches des détenus politiques se rassemblent devant les prisons, espérant une libération qui, pour certains, ne semble qu'un mirage. Hiowanka Avila, 39 ans, partage son anxiété : "Nous avons l'impression que la loi d'amnistie ne s’applique pas à notre situation." Son frère Henryberth Rivas, détenu depuis 2018, est particulièrement dans l'incertitude.
D'après l'ONG Foro Penal, bien que 448 prisonniers aient vu leur situation s'améliorer depuis le début de l'année, près de 650 autres continuent à croupir derrière les barreaux. Alfredo Romero, directeur de cette ONG, a exprimé ses préoccupations lors d'une conférence de presse, décrivant le processus d'octroi de l'amnistie comme complexe et critiquant ses effets limités.
Une amnistie avec un goût amer
Le climat politique reste tendu. Juan Pablo Guanipa, libéré récemment, a annoncé sa volonté de se battre pour une démocratie véritable et l’égalité des droits sur le territoire. Pendant ce temps, Edmundo Gonzalez Urrutia, en exil en Espagne, a souligné qu'une réconciliation durable nécessiterait une mémoire collective et une forme de réparation.
Delcy Rodriguez a promis, en plus de cette amnistie, une réforme judiciaire et a fait adopter rapidement une nouvelle loi sur le pétrole, visant à attirer des investissements privés. De son côté, Madrid a manifesté son intention de plaider en faveur de la levée des sanctions européennes imposées à l'administration vénézuélienne.







