Des voix indiennes s'élèvent contre l'exploitation des fleuves amazoniens

Des manifestants autochtones entrent en résistance pour protéger l'Amazonie face à l'industrie.
Des voix indiennes s'élèvent contre l'exploitation des fleuves amazoniens
Des manifestants avec du faux sang sur les mains manifestent en soutien aux groupes autochtones protestant contre les projets de dragage du fleuve Tapajos, à São Paulo, Brésil, le 20 février 2026. Jean Carniel / REUTERS

Des manifestants autochtones, en majorité issus du peuple Munduruku, ont pris d'assaut un terminal portuaire de Cargill à Santarem, dans le nord du Brésil, pour contester un décret controversé du président Luiz Inacio Lula da Silva. Ce décret, signé en août dernier, fixe les fleuves amazoniens comme prioritaires pour la navigation de marchandises et la construction de ports privés.

Depuis plus d'un mois, ces militants avaient établi un campement devant le terminal. Se sentant face à un ordre judiciaire de déguerpissement, ils ont récemment intensifié leurs actions, envahissant les lieux et prenant le contrôle des bureaux administratifs, ainsi que des systèmes de surveillance.

Cargill, dans un communiqué diffusé à l'AFP, a annoncé l'arrêt de ses activités portuaires, faisant état de « moments de tension découlant d'un différend en cours entre le gouvernement brésilien et les communautés autochtones ». Cette situation trouble suscite de vives inquiétudes.

Les autochtones, qui vivent en harmonie avec les rivières, dénoncent la menace que représente le dragage des fleuves pour leur mode de vie. « Tant que ce décret n'est pas abrogé, nous resterons ici », a affirmé Alessandra Korap, porte-parole du peuple Munduruku. Elle a suggéré que le gouvernement a agi pour apaiser les tensions sans de réels engagements, déclarant que « le gouvernement a tenté de nous flouer ».

Récemment, le gouvernement a annoncé la suspension du dragage sur le fleuve Tapajós, un affluent majeur de l'Amazone, en réponse à cette mobilisation indigène. Cependant, cette mesure a été jugée insuffisante par les leaders autochtones. Une grande banderole, accrochée à une structure métallique surplombant le terminal, affiche clairement leur message : « Non au dragage ».

Cargill a appelé à un dialogue entre les parties concernées pour résoudre la situation, tout en mettant en avant la nécessité de la sécurité. Alessandra Korap a rétorqué : « Si Cargill souhaite que nous partions, il faut qu'ils fassent pression sur Lula ». La multinationale, qui emploie environ 11 000 personnes au Brésil, s'impose dans le secteur des transports logistiques agricoles, ce qui suscite des inquiétudes face à un développement rapide des infrastructures dans des zones écologiquement sensibles.

À São Paulo, d'autres militants ont également manifesté devant les locaux de Cargill, mettant en avant les risques de pollution liés aux projets d'expansion portuaire. « Le dragage va détruire le fleuve, le transformant d'un bien commun en propriété privée », a exprimé Thiago Guarani, un des manifestants présents. Le Brésil, en tant que premier exportateur mondial de soja et de maïs, doit aussi concilier le développement économique avec la préservation de ses écosystèmes uniques.

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