Paris (France) – David Amiel, récemment nommé ministre des Comptes publics, fait éclore à seulement 33 ans un parcours impressionnant, dans le sillage d'Emmanuel Macron. Après avoir servi dans la Fonction publique, il succède à Amélie de Montchalin, appelée à présider la Cour des comptes.
En tant que plus jeune membre du gouvernement Lecornu 2, Amiel a montré un savoir-faire notable dans la gestion des finances publiques. Philippe Brun, député socialiste et ancien collègue en commission des Finances, souligne ses talents de négociateur, essentiels lors de l'examen du Projet de loi de finances (PLF) 2025. Cependant, il n'hésite pas à ajouter que la vision libérale d'Amiel l'a conduit à des choix controversés, comme la suppression de la taxe d'habitation, dont les impacts se font encore sentir sur les finances publiques.
Issu d'une formation d'élite, le parcours d'Amiel est marqué par une proximité avec Emmanuel Macron, ayant débuté comme stagiaire à Bercy sous sa direction, avant de contribuer au programme présidentiel de 2017. Il sera ensuite l'un des rédacteurs de l'essai "Le progrès ne tombe pas du ciel", qui tente de cerner l'essence du macronisme.
Ouvert au dialogue
En 2019, sa tentative de conquérir Paris avec Benjamin Griveaux a été ternie par un scandale précipitant son retrait de la scène politique municipale. Amiel se tourne alors vers des rôles d'opposition et de conseil. Son implication lors de la réélection de Macron en 2022 montre sa détermination à rester un acteur clé du mouvement.
Élu député dans le 15e arrondissement de Paris à 29 ans, il a continué de se battre pour des réformes significatives, proposant des ajustements pour améliorer les conditions de logement des agents publics. À la tête du ministère de la Fonction publique, Luc Farré, secrétaire général de l'Unsa fonction publique, note ses efforts pour aborder des sujets variés, même si ses propositions sont parfois perçues comme régressives pour les droits des agents. Tout en saluant son dynamisme, il soulève des préoccupations quant à l'orientation de ses politiques, jugées parfois défavorables aux fonctionnaires.
Pour Christian Golier, secrétaire général de la Fédération générale des fonctionnaires Force ouvrière (FGF FO), Amiel est un ministre accessible, empreint d'une certaine sympathie. Néanmoins, il critique les lois de finances récentes qu'il a soutenues, les qualifiant de désastreuses pour les agents publics. L'équilibre entre dialogue et réforme sera sans doute l'un des enjeux majeurs de sa fonction.
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