Il est essentiel qu'une femme accède à la direction des Nations Unies, ont plaidé ce mardi les trois candidates au poste de secrétaire général durant un débat à Genève.
En compétition pour succéder à Antonio Guterres à partir du 1er janvier 2027, la Chilienne Michelle Bachelet, la Costaricaine Rebeca Grynspan et l'Équatorienne Maria Fernanda Espinosa ont débattu de manière courtoise, mettant en avant leurs parcours diplomatiques solides pendant une heure. Cet événement a été organisé par plusieurs ONG dans le cadre de la Maison de la paix, proche du siège de l'ONU.
"Après 80 ans d'existence de l'ONU, il est temps qu'une femme occupe ce poste," a déclaré Maria Fernanda Espinosa, s'exprimant devant un public de 500 personnes. L'ancienne ministre des Affaires étrangères de l'Équateur a insistant sur la nécessité d'un leadership visionnaire et énergique.
À travers diverses interventions, les candidates ont exprimé un consensus fort en faveur d'une femme à la tête de l'ONU, tout en revendiquant que la sélection se fasse sur des critères de compétence. Bachelet a affirmé : "Les femmes apportent plus d'humanité", tandis qu'elle soulignait la nécessité d'avoir une candidate capable de défendre les valeurs fondamentales.
Rebeca Grynspan, ex vice-présidente du Costa Rica, a affirmé avec confiance : "Je suis la personne la plus qualifiée pour ce poste". Elle a plaidé pour une évaluation juste de toutes les candidatures, sans favoritisme.
Les deux autres candidats déclarés, Macky Sall et Rafael Grossi, n'étaient pas présents, mais Sall a adressé un message à l'audience par le biais d'une vidéo préenregistrée.
- "L'ONU est irremplaçable" -
L'Assemblée générale pourra élire le secrétaire général suite à une recommandation du Conseil de sécurité, où les cinq membres permanents ont le droit de veto. Les délibérations devraient débuter en juillet, avec un vote prévu à l'automne.
Durant le débat, les trois candidates ont abordé des problématiques telles que la crise du multilatéralisme, la montée des conflits et le manque de financement de l'ONU. Espinosa a rappelé son expérience en tant qu'ancienne présidente de l'Assemblée générale, soulignant que l'ONU, bien que unique, doit savoir collaborer efficacement avec d'autres acteurs internationaux.
Michelle Bachelet, ayant dirigé ONU Femmes, a assuré qu'elle serait "une secrétaire générale indépendante, toujours présente sur le terrain". Toutefois, elle fait face à des réserves, certains élus américains appelant à bloquer sa candidature du fait de ses positions sur les droits des femmes, y compris le droit à l'avortement.
"Je suis convaincue que les droits des femmes sont fondamentaux. Si je suis élue, je poursuivrai cette défense," a affirmé Bachelet après le débat, tout en ajoutant que si sa candidature devait être bloquée à cause de ses convictions, elle en serait honorée.







